Définition De L'apprentissage - Prof Innovant

L’apprentissage consiste à acquérir des connaissances, des compétences et des valeurs culturelles, par l’observation, l’imitation, l’essai, la répétition et la présentation.

Plus précisément, apprendre est un processus actif qui nous transforme durablement. Ce n’est pas juste accumuler des informations, c’est changer notre façon de penser, d’agir et de ressentir.

Petite nuance importante : l’enseignement, c’est ce que le prof met en place. L’apprentissage, c’est le travail interne de l’élève qui construit, réorganise et s’approprie les savoirs. Un élève peut assister à un cours sans vraiment apprendre si cette construction ne se fait pas.

L’apprentissage complète l’enseignement général, qui vise surtout l’acquisition de savoirs par des études, exercices et contrôles. La personne qui apprend s’appelle un apprenant. Mais comment les théories définissent-elles précisément l’apprentissage ?

Apprentissage : définition pédagogique

En pédagogie, l’apprentissage est un processus où on acquiert, retient et modifie ses expériences. Ce processus touche trois aspects :

  • Cognitif : l’acquisition de connaissances
  • Conatif : l’acquisition d’habitudes et de compétences
  • Affectif : les changements émotionnels
définition de l'apprentissage

Il existe plusieurs types d’apprentissage : moteur (activités quotidiennes), verbal (communication), conceptuel (pensée de haut niveau).

Un exemple concret en classe

Prenons une séance de production écrite en 4ème.

Dans la tête de l’élève (cognitif) : Il comprend la structure d’un texte argumentatif, repère les connecteurs logiques, retient des formulations.

Dans ses émotions (affectif) : Il gagne en confiance face à l’écrit, ose davantage, ou développe une appréhension selon les retours reçus. Son rapport à l’erreur évolue. D’où l’importance de la motivation en classe.

Dans ses actions (conatif) : Il adopte de nouvelles stratégies — utiliser un brouillon, relire avant de rendre, demander de l’aide.

Ces trois dimensions marchent ensemble. Si l’une bloque (anxiété forte, par exemple), l’apprentissage reste fragile même si l’élève comprend bien. C’est pourquoi on observe non seulement ce que l’élève sait, mais aussi comment il se sent et quelles habitudes il développe.

Apprentissage : définition didactique

En didactique, l’apprentissage est un processus interne où l’individu construit activement ses savoirs. Cette construction peut être vue comme une transformation psychique quand on interagit avec notre environnement.

Différentes approches expliquent ce processus :

  • Behavioriste : l’apprenant reçoit des savoirs
  • Constructiviste et socio-constructiviste : l’apprenant transforme ses représentations mentales, notamment grâce aux interactions sociales

Pour approfondir, consultez notre guide du behaviorisme et notre article sur le constructivisme.

Définition de l’apprentissage en psychologie

Pour les psychologues, l’apprentissage est une modification durable des comportements ou activités psychologiques, suite à des expériences variées. La motivation et l’interaction sociale jouent un rôle central.

Les principales théories :

  • Béhaviorisme : se concentre sur les comportements observables
  • Théories socio-cognitives : mettent l’accent sur l’apprentissage par imitation et la confiance en soi

Définition de l’apprentissage selon les auteurs

Voici comment certains chercheurs définissent l’apprentissage :

Beillerot (1989) : un processus qui permet de créer des savoirs pour penser et agir.

Delevay (1992) : un processus de transformation psychique quand on entre en contact avec de nouvelles informations.

Legendre (1993) : « Acte de perception, d’interaction et d’intégration d’un objet par un sujet. Acquisition des connaissances et développement d’habiletés, d’attitudes et de valeurs. »

Vienneau (2011) : « Processus interne, interactif et cumulatif par lequel l’apprenant construit activement ses savoirs. »

Les concepts liés à l’apprentissage

Processus d’apprentissage

L’apprentissage se déroule généralement en quatre étapes :

  1. Accès à l’information : l’élève découvre de nouvelles connaissances (lecture, enseignement, recherche)
  2. Traitement : il analyse et comprend ces données
  3. Réalisation : il mémorise ou acquiert une compétence
  4. Expérimentation : il applique dans des situations concrètes

Exemple concret : résoudre un problème de proportionnalité en 6ème

Étape 1 : Les élèves lisent l’énoncé projeté, identifient les données. Certains relisent, d’autres surlignent les infos clés.

Étape 2 : Ils réfléchissent : « C’est de la proportionnalité ? Comment organiser les données ? » Ils mobilisent ce qu’ils savent (tableaux, produit en croix). Le prof circule, questionne.

Étape 3 : Ils testent une méthode, calculent, vérifient. Ils mémorisent ce qui fonctionne, abandonnent ce qui bloque.

Étape 4 : Dans un autre exercice ou une évaluation, ils réutilisent et adaptent cette méthode.

Point important : ce n’est pas toujours linéaire. Les élèves reviennent en arrière, réajustent, retentent. C’est normal et même essentiel.

En psychologie, ce processus reflète notre capacité à nous adapter à l’environnement. L’apprentissage prend différentes formes : association d’informations, habitudes, apprentissage émotionnel, coopératif, par découverte.

Pour aller plus loin : l’apprentissage par la découverte et la pédagogie coopérative.

Apprentissage scolaire

L’apprentissage scolaire combine différentes méthodes : observation, imitation, essai, répétition. Selon les approches, on le voit soit comme une transmission de savoirs (behaviorisme), soit comme une construction active par l’élève (constructivisme).

En pratique, il alterne souvent théorie en classe et activités concrètes. L’objectif : développer connaissances, compétences et savoir-être dans un environnement éducatif structuré.

Définition de l’apprenant

Un apprenant est une personne qui suit un enseignement. Plus largement, c’est quelqu’un engagé dans un processus d’acquisition de connaissances ou de compétences, quel que soit le domaine ou le niveau.

Les approches du processus d’apprentissage

Les théories de l’apprentissage décrivent comment nous acquérons, retenons et modifions nos connaissances. Chaque approche a sa vision.

Approche behavioriste

Apprendre = recevoir et enregistrer des savoirs. L’enseignant transmet, l’élève reçoit et mémorise. Un stimulus provoque un changement de comportement durable et mesurable. L’enseignant renforce les bonnes réponses pour ancrer l’apprentissage.

Approche constructiviste

Apprendre = transformer ses représentations. L’élève construit activement ses savoirs en se confrontant à des contradictions, des problèmes qui le font réfléchir.

Approche socio-constructiviste

Apprendre = processus social ET individuel. L’élève apprend avec l’aide des autres (pairs, enseignant) des choses qu’il est proche de maîtriser seul. Les interactions jouent un rôle majeur.

Approche Freinet

Célestin Freinet privilégie « l’apprentissage naturel » : correspondance, journal scolaire, expérimentations, enquêtes. L’idée : favoriser le tâtonnement dans des situations réelles. Plus d’infos sur la pédagogie Freinet en maternelle.

Concrètement, qu’est-ce que ça change ?

Logique behavioriste : Le prof structure des exercices répétitifs avec feedbacks positifs (« Très bien ! »), décompose les tâches, évalue régulièrement.

Logique constructiviste : Il crée des situations-problèmes qui déstabilisent : « Tiens, pourquoi ça ne marche pas comme tu pensais ? » Voir l’apprentissage par problèmes.

Logique socio-constructiviste : Il organise le travail en groupes, favorise les échanges, encourage le tutorat. Découvrez le rôle des élèves dans un travail de groupe.

Avec Freinet : Il propose des projets concrets (journal de classe, correspondance), valorise l’expérimentation.

Exemple : Apprendre les fractions en CM2.

  • Behavioriste : exercices progressifs répétés avec corrections immédiates
  • Constructiviste : problème de partage de pizzas qui oblige à inventer des stratégies
  • Socio-constructiviste : débat mathématique en groupes pour comparer les méthodes

Dans la réalité, la plupart des enseignants combinent ces approches plutôt que d’en choisir une seule. Le triangle pédagogique aide à réfléchir à ces choix.

Types d’apprentissage

Apprentissage par essai-erreur

Appelé aussi « loi de l’effet » (Thorndike). C’est manipuler mentalement l’information reçue, tester, se corriger. Une méthode fondamentale de résolution de problèmes.

Apprentissage par cœur

Mémorisation par répétition. Utile pour les bases (phonétique, tables de multiplication, poésies, règles grammaticales). Mais attention : efficace à court terme, moins pour la compréhension en profondeur.

Comme disait Montaigne : « Ce qu’on sait vraiment, on en dispose, sans regarder au patron ; savoir par cœur n’est pas savoir. »

Freinet confirmait : « Feu rouge pour l’étude mécanique par cœur de textes qu’on ne comprend pas. »

Apprentissage par jeu

Le jeu est le contexte idéal pour tester ses idées. Selon Vygotsky, « le jeu est la principale source de développement des enfants » (affectif, social, physique, langagier, cognitif).

Deux types :

  • Jeu libre : l’enfant joue seul, sans intervention adulte (insuffisant pour l’apprentissage scolaire)
  • Jeu dirigé : orienté par un adulte, excellent pour stimuler le développement cognitif

Le jeu permet d’apprendre quand l’enfant est le plus réceptif. En explorant, manipulant, incarnant des rôles, il contribue à son apprentissage. Exemples concrets dans la pédagogie par le jeu.

Apprentissage organisationnel

Processus collectif au sein d’une organisation. Le groupe détecte des erreurs, les corrige, améliore ses actions grâce à de nouvelles connaissances.

FAQ — Questions fréquentes

Comment savoir si mes élèves ont vraiment appris ?

L’apprentissage véritable se voit dans la durée et la capacité de transfert. Un élève a vraiment appris quand il réutilise spontanément une notion plusieurs semaines après, l’explique avec ses propres mots à un camarade, ou la transfère dans un contexte différent. Observez aussi les comportements : l’élève qui ne demande plus systématiquement « comment faire », celui qui ose se tromper puis se corriger seul. L’évaluation scolaire doit être variée (tests, observations, productions) et échelonnée dans le temps pour mesurer la rétention réelle.

Pourquoi certains élèves comprennent en classe mais oublient le lendemain ?

Comprendre n’est que la première étape de l’apprentissage. L’oubli rapide signale un apprentissage superficiel : l’élève a saisi sur le moment mais n’a pas ancré durablement. Pour mémoriser à long terme, il faut expérimenter activement : réutiliser la notion, la manipuler, se tromper, ajuster. L’élève doit aussi construire ses propres exemples et verbaliser sa compréhension. Intégrez des phases de reformulation immédiate et des mini-exercices d’application juste après l’explication. La métacognition en classe aide les élèves à prendre conscience de leurs stratégies.

Quelle différence entre « faire apprendre » et « laisser apprendre » ?

« Faire apprendre » (approche behavioriste) : l’enseignant structure, guide pas à pas, renforce les bonnes réponses. Efficace pour les automatismes (tables de multiplication, règles d’orthographe). « Laisser apprendre » (approche constructiviste) : l’enseignant crée des situations-problèmes, accompagne la découverte, facilite la construction active. Idéal pour les concepts complexes. En pratique, combinez les deux selon vos objectifs pédagogiques : transmission directe pour les bases, construction active pour la compréhension en profondeur. Le triangle pédagogique aide à équilibrer ces approches.

Sources :

  • LES CONCEPTIONS DE L’APPRENTISSAGE CHEZ LES FUTURS ENSEIGNANTS. UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL.
  • ENCYCLOPÉDIE SUR LE DÉVELOPPEMENT DES JEUNES ENFANTS.
  • NAEYC, 2009 ; Fullan, 2013 ; ministère de l’Éducation de l’Ontario, 2014.

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