La Colline Inspirée - Maurice Barrès - Babelio
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Ajouter à mes livresLire un extrait3,58★78 notesMaurice BarrèsGuy Dupré (Préfacier, etc.) EAN : 9782268052496 290 pages Les Editions du Rocher (21/04/2005) Résumé : " Il est des lieux où souffle l'esprit... Il est des lieux qui tirent l'âme de sa léthargie, des lieux enveloppés, baignés de mystère, élus de toute éternité pour être le siège de l'émotion religieuse... La Lorraine possède un de ces lieux inspirés. " C'est à Sion-Vaudémont, qu'à la fin du XIXe siècle trois prêtres, les frères Baillard, fondèrent une mission pour insuffler une vie spirituelle nouvelle. Propageant la foi, relevant de leurs ruines chapelles et monastè... >Voir plus Âge de lecture : à partir de 15 ans ÉditerAjouter une citationAjouter une critique Acheter ce livre sur 




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Eric7626 février 2017Signaler ce contenuPage de la critique « Il est des lieux où souffle l'esprit… Combien de fois, au hasard d'une heureuse et profonde journée, n'avons-nous pas rencontré la lisière d'un bois, un sommet, une source, une simple prairie, qui nous commandait de faire taire nos pensées et d'écouter plus profond que notre coeur ! Silence ! les Dieux sont ici. » Pour Maurice Barrès, la colline de Sion est un de ces lieux qui soulève l'âme. Il raconte l'histoire vraie des frères Baillard, trois prêtres, qui ont entrepris de réhabiliter un pèlerinage dédié à la vierge qui se passait depuis des temps immémoriaux sur cette colline mythique. Leur rencontre avec le prêtre excommunié Vintras, hérésiarque et prophète illuminé, fait de Notre Dame de Sion un bastion de l'hérésie «Vintrasiène», et met les trois frères au ban de la religion catholique. Disons-le honnêtement : l'affreux mécréant que je suis n'a pas tout capté. Les angoisses existentielles des trois frères, les charlataneries de Vintras, les papillonnements et autres tressaillements des bonnes soeurs m'ont franchement laissé de marbre. Mais il y a une chose qui m'a retenu dans ce livre : la manière dont Maurice Barrès décrit les paysages de sa Loraine natale, dont il parle de ses racines, de sa terre, des arbres et du vent. C'est sublime ! C'est flamboyant ! Arrivé poussivement au milieu de ce fichu livre, je me suis juré que si je parvenais à l'achever, j'irai faire un pèlerinage à la colline de Sion. Il ne me reste plus qu'à m'exécuter… Commenter  J’apprécie         704
Lazlo2310 décembre 2017Signaler ce contenuPage de la critique Que reste-t-il aujourd'hui de Maurice Barrès, de son oeuvre abondante, de son engagement politique (à l'extrême droite la plus cocardière), de la vénération qui l'a entouré ? Bien peu de choses, en fait : quelques pages dans les encyclopédies, un chapitre du Lagarde & Michard. Guère plus. Pourtant, il a été un temps adulé par toute une génération de jeunes gens, dont certains se sont fait un nom, tels Malraux, Yourcenar ou Bernanos et, quand il meurt, en 1923, l'État n'hésite pas à lui organiser, comme à Victor Hugo, des obsèques nationales... Il est vrai qu'en ouvrant « La colline inspirée », son livre le plus connu, on est frappé par l'écart qui existe entre cette esthétique et celle de certains de ses jeunes contemporains : le livre est publié en 1913, la même année que « Du côté de Chez Swann », « Alcools » ou « La prose du Transsibérien ». Entre ces livres fondateurs de la modernité et le roman de Barrès, la comparaison est écrasante : loin des audaces de ses cadets, c'est plutôt du côté De Chateaubriand et d'un certain romantisme incantatoire et suranné, que lorgne l'écrivain national. Il n'empêche que, même pour un lecteur d'aujourd'hui, le roman de Barrès ne manque pas d'intérêt. Centré sur un « lieu de mémoire » lorrain, la colline de Sion-Vaudémont, où les Celtes vénéraient Wotan et Rosmerta, et où la religion catholique a imposé le culte de la Vierge, « La colline inspirée » raconte le destin véridique de trois prêtres, les frères Baillard, bien décidés à en découdre avec le rationalisme façon Lumières. Ils restaurent le vieux sanctuaire, y organisent des pèlerinages, raniment la ferveur populaire… jusqu'au jour où ils croisent le chemin de Vintras, un illuminé comme il y en avait tant dans la seconde moitié du XIXè siècle : « … on ne rêvait que miracles et prophéties, raconte Barrès ; plusieurs voyants annoncèrent le règne de l'Antéchrist et la fin du monde ; d'autres, au contraire, le triomphe définitif du grand Roi et du grand Pape... » Vintras est des premiers, qui prédit l'« année noire », la disparition d'une grande partie de l'humanité, sa régénération grâce aux prières d'une poignée d'élus… Pour les malheureux Baillard commence alors une longue descente aux enfers, qui va faire d'eux des parias : rejetés par leur hiérarchie et leurs paroissiens, puis excommuniés, ils sont bientôt réduits à prêcher dans le désert. Au-delà de cette histoire, qui interroge les racines du sentiment religieux (cette soif d'irrationnel et de merveilleux qui forme le substrat de la ferveur populaire), ce que met en scène le roman de Barrès c'est la revendication d'un culte et d'une culture autochtones face à un dogme venu de Rome. Pour les lecteurs de 1913, cette opposition entre Gaulois et envahisseurs romains sonne bien sûr comme un vigoureux coup de clairon, alors qu'une partie de la Lorraine est encore occupée par une puissance étrangère... Ce qui personnellement m'a le plus intéressé, ce sont moins ces débats d'un autre âge (et vaguement nauséabonds, disons-le) que la plongée quasi documentaire qu'offre ce roman dans la France de la seconde moitié du XIXè siècle ; une France villageoise, groupée autour de l'église et du curé (mais où le sorcier a encore son mot à dire), et vivant au rythme lent des attelages et des saisons. Une curiosité, baignée par la lumière sépia des très anciennes photographies. Commenter  J’apprécie         294
gerardmuller04 septembre 2025Signaler ce contenuPage de la critiqueLa colline inspiréeMaurice Barrès (1862-1923) « Il est des lieux qui tirent l'âme de sa léthargie, des lieux enveloppés, baignés de mystère, élus de toute éternité pour être le siège de l'émotion religieuse…Il y a des lieux où souffle l'esprit… » Ainsi commence ce livre magnifique à la gloire de la mémoire et de la pensée. Et Barrès de citer nombre de lieux tels, dont j'ai retenu ceux que je connais : le Puy de Dôme, Carnac, la forêt de Brocéliande, le Mont Saint-Michel. J'aurais ajouté Montségur, lieux où personnellement j'ai senti souffler l'esprit, au coeur des ruines du château cathare au pied duquel 220 personnes furent suppliciées et brûlées vives par les croisés le 16 mars 1244 en raison de leurs croyances. Et Barrès de se poser la question : d'où vient la puissance de ces lieux ? C'est un mystère et leur vertu est inconnaissable, comme secrète. Elle a précédé leur gloire et a su y survivre. L'auteur développe le cas de la colline de Sion-Vaudémont en Lorraine, qui connut la gloire des deux parèdres mythiques celtiques avec le dieu Wotan honoré sur la pointe de Vaudémont et la déesse Rosmertha sur la pointe de Sion, déesse à la figure jeune aux cheveux courts et aux seins nus. Au fil du temps elle a cédé sa place à la Vierge qui allaite l'Enfant-Dieu, et les seigneurs de Vaudémont ont construit leur maison forte sur l'ancien sanctuaire de Wotan. Aujourd'hui « le pauvre village de Vaudémont avec les deux aiguilles de son clocher et de sa tour, se meurt dans les débris romains et féodaux de son passé légendaire. Notre coeur périssable, notre imagination si mouvante s'attachent à ce coteau d'éternité. » Barrès nous conte alors l'histoire à peine croyable des trois frères Baillard, tout trois prêtres, fidèles sans restriction à la tradition catholique et lorraine, des personnages assez mystérieux qui firent beaucoup jaser jadis et encore aujourd'hui quand est évoqué leur nom. Seuls des bâtiments émergent aujourd'hui de l'oubli. C'est à la bibliothèque de Nancy que Barrès va retrouver la trace de ses trois personnages dans des documents très anciens recélant tout le mystère Baillard. Entre Épinal et Lunéville, s'étend le petit hameau de Borville : c'est là que les trois frères ont vu le jour. Très vite leur concupiscence paysanne de posséder des terres les amena à fonder une sorte de congrégation, élevant des bâtiments et recrutant des novices, des religieux, des frères et des bonnes soeurs pour la gloire de la Croix et pour la renaissance de la Lorraine : ce fut l'Institut des frères de Notre-Dame de Sion-Vaudémont. Nous sommes alors en 1840 et la ruche est très active, industrieuse : « Là dans la paix profonde du village enfoui au milieu de ses vergers, on trouvait des religieuses assises sur des bancs à l'ombre de leur couvent : elles formaient un petit jardin virginal. » Il faut dire qu'autour des trois frères s'empressaient beaucoup de femmes issues de la paysannerie lorraine et qui se firent religieuses ou servantes. Toutes dévouées corps et âmes à Léopold Baillard, le frère ainé et patron de l'Institut. Cette réussite suscita inévitablement des jalousies animées aussi par des ragots. Une véritable coalition de leurs supérieurs hiérarchiques les conduisit à la faillite avec disparition du patrimoine Baillard. Les trois frères se retrouvèrent petit curé de village avant de partir en retraite pour un temps à la chartreuse de Bosserville , dressée non loin de Nancy pour y goûter la tranquillité et la monotonie du cloître. Et Léopold de se lamenter : « Je voulais de grandes et belles choses, pourquoi m'avoir abandonné, Seigneur ? » Alors il se réfugie dans les Saintes Écritures errant en plein délire dans les jardins du cloître entre chênaies et prairies. Au terme de leur retraite monastique, les trois frères rejoignirent incontinent la colline de Sion. Mais auparavant, Léopold avait eu un entretien instructif avec le père supérieur du cloître, lequel lui avait recommandé de partir à la rencontre d'un certain père Vintras demeurant à Tilly en Normandie. le père Vintras, la trentaine, a une drôle de réputation, celle d'un mauvais drôle, voyant, aliéné blasphémateur, mystagogue à ses heures, doublé d'un escroc qui se dit prophète, réincarnation du prophète Élie, ayant pour mission de régénérer de façon absolument apodictique le christianisme dans des discours amphigouriques ! Léopold, homme de passion et d'entreprise est littéralement envoûté par le maniaque prophète. Pendant ce temps, sur la colline de Sion, un groupe de femmes fidèles à Léopold emmenées par soeur Thérèse, se chagrinent que leur maître, qui possède la double force seigneuriale et sacerdotale, tarde tant à revenir. Elles fondent sur lui comme beaucoup d'autres, leur salut dans cette vie et dans l'autre. « Et dans le fond de leurs yeux demeurés jeunes, on voyait la plus charmante simplicité rustique, une sensibilité douce et le désir de prévenir toutes les volontés de leurs trois prêtres frères. » À son retour, Léopold raconte et énumère les prodiges observés à Tilly. Il est marqué et illuminé et va créer une sorte de secte en se proclamant Pontife de la Régénération et créant le Congrégation des dames libres et très pieuses avec à leur tête Madame Léopold Marie Thérèse du Saint Esprit. On pouvait alors deviner dans les regards indéfinissables de soeur Thérèse les sentiments complexes d'une religieuse pour un prêtre et ceux d'une jeune paysanne pour un loustic ! La procession de septembre va enfiévrer Léopold d'une passion irrépressible exhalant des appels au surnaturel et prêchant la croisade, accusant dans de longues catilinaires le palais épiscopal de Nancy de fausse religion, médiocrité et de croyance sans âme. de tout coeur les présents adhèrent à cette foi nouvelle et inconnue. « Les brumes d'automne fermaient l'horizon et limitaient ce royaume privilégié. Sur la colline rendue au calme divin, on vivait tout le jour un rustique cantique des cantiques, qui se prolongeait dans la nuit. Chaque soir, les soeurs et les frères, auxquels se joignaient les amis de Saxon, faisaient la veillée autour du feu de la cuisine.» C'est l'heure du traditionnel couarail des villages lorrains. Sion vit replié sur lui-même et coupent tous les arbres pour labourer et planter pour subsister. Léopold chaque jour un peu plus, terrifie son monde en prédisant la grande catastrophe finale et ses ardeurs insensées touchent particulièrement les femmes qui viennent chaque dimanche, plus nombreuses. Accompagné de soeur Thérèse, il ne néglige rien pour leur plaire ouvrant à ces paysannes médusées d'étonnement les royaumes du romanesque. En l'écoutant elles rêvent. Et Thérèse se souvient de son enfance de bergère au cours de laquelle Léopold l'avait initiées à de bien mystérieuses effusions… Après ses discours avec soeur Thérèse auprès de lui, il sent son être s'épanouir, se rapprocher du ciel. Et Léopold de serrer les soeurs paysannes sur son coeur avec respect et dilection… Il aura fort à faire avec l'intervention du révérend père Aubry missionné par l'épiscopat pour arracher au démon ce vaticinateur et ses acolytes, dont les discours passionnés et mystérieux, parfois incognoscibles, font fureur sur la colline de Sion. La résistance s'organise, quelque peu dans l'anarchie, et même les soeurs ont rompu les observances de leur vie de religieuses pour donner du courage aux frères, laissant se réveiller des désirs contre lesquels autrefois elles se seraient réfugiées dans la prière ! Et Vintras vient au secours accouru depuis sa Normandie, bravant les tourmentes nivéales apportant avec lui le dies irae, exhortant les résistants à cesser de se donner à la grande prostituée de Nancy. Vintras reparti, l'ambiance à Sion n'est pas très saine ni féconde : on a le sentiment d'un triste chant du crépuscule et toute la Lorraine regarde la ronde satanique menée sur la colline, dans les brouillards de l'hiver, par trois prêtres frères et relaps, et leurs religieuses échevelées et évaltonnées… Et puis tombe l'excommunication des frères Baillard prononcée par le pape Innocent III. Et on verra la croisade des enfants, du jamais vu, des enfants qui jettent des cailloux et cassent tout ce qu'ils voient. Stupeur au couvent : soeur Thérèse vient d'avoir révélation de son état : on devine lequel… Et un huissier ordonne le déménagement… le groupe se réfugie dans la petite maison de la fidèle Marie-Anne Sellier qui conserve les volets clos, au cas où…Survient le maire et le garde champêtre et les gendarmes : François est emmené en prison, Quirin fuit et se cache en Bourgogne et Léopold part en exil à Londres rejoindre Vintras. La colline est tranquille à présent. Les mois passent et François revient chez la soeur Euphrasie, et Léopold revient, comme appelé par son couvent déserté et ruiné pour relever la gloire de Sion avec pertinacité, per fas et nefas. Il parcourt les lieux infatigablement entre chênaies et chènevières, vêtu des oripeaux d'évêque vintrasien et trône au milieu de son petit peuple épouvanté et ravi de le revoir avec son visage de visionnaire illuminé d'une clarté pithiatique et sépulcrale. La mort de François, le renoncement de Quirin, rien n'arrête Léopold ni ne l'abat. « Les sentiments mystérieux qui s'éveillaient dans cette âme extravagante s'en allaient se mêler aux buées de la terre, des arbres, des villages lointains, des cieux chargés de neige. » Quel style magnifique ! Léopold l'hérésiarque, le schismatique, appelle les anges et perçoit leurs présences invisibles pour la délivrance prochaine. Il a trouvé le bonheur, son bonheur qui n'est plus de construire des châteaux mais de délivrer le chant qui sommeille dans son coeur, s'accordant avec tout ce qui est silence et solitude comme un moine. Saxon est sa cellule et la Lorraine est son promenoir au cours de longues journées exaltées. Juillet 1870 : c'est l'invasion de la Lorraine et plus par l'immense flot germain, accourant sur la Gaule et frémissant d'une joie dévastatrice. Léopold voit dans ce désastre la vengeance du Très-Haut que lui-même a depuis longtemps annoncée. Il reconquiert ainsi de son prestige… Mort de Frère Quirin, l'infidèle qui a renoncé à suivre Léopold en abjurant la doctrine vintrasienne. On le voyait depuis quelques temps poussant un haquet pour livrer des tonneaux de vin, épuisé, avec une femme et des enfants… Mort de Vintras et c'est pour Léopold l'orchestre du monde soudain qui se tait. Il reste chez Marie-Anne Sellier, anathématisé depuis des lustres, vieilli et malade. C'est le père Aubry qui se porte à son secours afin de le confesser avant de mourir. C'est le père Aubry qui va mourir le, premier et c'est l'oblat Cléach qui prend la relève auprès de Léopold pour chasser les légions de Satan rangées autour du malheureux hérésiarque. Ce dernier chapitre où Léopold et le jeune Père Cléach s'affrontent verbalement est d'une grande beauté, humanité, piété et miséricorde. le Père Cléach, longanime dans son adjuration, comprend comme le lui a enseigné le père Aubry que ce n'est pas avec des arguments que l'on touche le coeur. Jusqu'au bout, le Père Cléach juge que la conversion de Léopold est une tentative qui dépasse ses moyens humains. Peut-il obtenir résipiscence de l'hérésiarque, il doute… Les années ont passé… Aujourd'hui, là-haut à Vaudémont, on respire toujours l'esprit qui créa les Baillard : « Quelque chose de calme, de pauvre et de fort enveloppe la colline. Tout est clair et parle sans artifice à l'âme. » Ce sublime et bouleversant roman de 350 pages écrit en 1912 et publié en 1913 est un pur chef d'oeuvre tant sur le fond qui plonge ses racines au plus profond de l'âme humaine, que sur la forme. La richesse exceptionnelle du vocabulaire, la construction, la syntaxe et le style poétique portent haut ici la littérature française. Il apparait au terme de ce roman que Maurice Barrès ne prend pas ouvertement parti et ne tranche pas entre l'ordre incarné par l'épiscopat de Nancy et sa chapelle et la liberté d'attachement aux racines chrétiennes et la prairie incarnée par les frères Baillard désireux de faire revivre un sanctuaire dédié à la Vierge, lieu tombé en désuétude depuis la Révolution. Les deux étant en vérité indispensables. On ne peut s'empêcher de noter la belle empathie générée par Barrès à l'endroit de Léopold qu'il sublime littéralement car c'est un être sincère et bon. Enfin, l'amour de Barrès pour la Lorraine, sa province natale transparait à chaque ligne de ce livre traduisant aussi son attachement viscéral au christianisme.Commenter  J’apprécie         70
lecassin19 novembre 2012Signaler ce contenuPage de la critique « La colline inspirée ». Ce roman, publié en 1913 décrit l'affrontement de deux mouvements religieux : le courant illuminé des "vintrasiens" et le courant plus traditionnel des fidèles à Rome. le premier, tenant sa raison d'être de la colline de Sion en terre lorraine, symbolise la liberté ainsi que la fidélité aux "racines". le second, tenant sa raison d'être de Rome et de l'évêque de Nancy, symbolise l'ordre et la soumission à l'autorité. Malgré la folie dans laquelle tombe Léopold et malgré la victoire de l'Église par sa rétractation, Maurice Barrès refuse de trancher entre l'ordre et la liberté. Il donnera son sentiment dans les dernières lignes en rappelant l'opposition entre la chapelle (l'ordre) et la prairie (l'enthousiasme) en montrant combien elles nous sont indispensables toutes deux. Un remarquable ouvrage, reconnu plus tard comme un ouvrage majeur par son intégration dans la « liste des meilleurs romans du demi siècle » ; néanmoins à conseiller aux amateurs de belle prose académique début XX ème... Commenter  J’apprécie         320
oblo03 avril 2024Signaler ce contenuPage de la critique Il est des romans dont l'incipit, ou même les premières pages, capturent immédiatement le lecteur, et semblent laisser profondément leur trace en sa mémoire. La colline inspirée est de ceux-là. Un à un, les grands monuments de France sont cités. Loin de leurs atours touristiques que les guides, les affiches ou encore les spots publicitaires mettent en valeur désormais, ils sont évoqués en un mot, en une phrase, par un Maurice Barrès qui en dresse là un portrait essentiel. Parmi ces monuments, parmi ces lieux, apparaît la colline de Sion-Vaudémont, sise en Lorraine. Là, pour Maurice Barrès, se loge une part de l'âme lorraine, de cette région si fermement française - et d'autant plus lorsque l'on pense que, lorsque Maurice Barrès publie ce roman en 1913, une partie de cette région et l'Alsace toute entière appartient, depuis la défaite de 1870, à l'Allemagne -, de cette ancienne Lotharingie, de cet ancien duché partagé un temps entre la France et la Pologne, de cette région qui, comme d'autres régions françaises, a abrité en son sein une population paysanne humble et pourtant vaillante, et une aristocratie fière et redoutable. La colline de Sion, aussi, se confond avec l'histoire religieuse de la région et du pays. Un sanctuaire dédié à la Vierge y a été bâti. Et, prenant prétexte de l'histoire récente - Barrès indique avoir interrogé certains témoins de l'époque qui, il est vrai, n'est guère éloignée de la période d'écriture -, l'auteur évoque l'histoire des frères Baillard qui, là-haut, insufflèrent un élan de vie et de foi à la colline auparavant abandonnée, et ravagée par la Révolution. Histoire d'une Passion, histoire d'un fait religieux et, il faut bien le dire, examen de cet esprit français dont on devait, quelques mois après la publication de la colline inspirée, se glorifier au moment d'aller combattre l'Allemagne, le roman de Barrès est aussi un livre remarquable, qu'il faut lire pour son style qui fait de la simplicité le vecteur de la grandeur. C'est l'histoire d'une lutte, d'une ascension et d'une chute. Sous l'impulsion de l'aîné Léopold, François et Quirin Baillard, ordonnés tous trois prêtres, entreprennent de redonner à la colline de Sion sa primauté religieuse. Ils restaurent et rebâtissent une église, forment une communauté vers laquelle les dons affluent. A tel point que l'évêché de Nancy s'en émeut et décide de priver la communauté des dons des fidèles. A la suite de ce premier avertissement, qui conduira les frères Baillard à faire retraite dans un monastère des environs, Léopold prend connaissance de la foi de Vintras, un prêtre normand dont les prêches annoncent la prochaine fin du monde, et sa propre élection par les anges et par Dieu. Conquis spirituellement par cet homme, Léopold Baillard retourne à Sion, y fonde une nouvelle communauté, financée cette fois par les activités de François et Quirin (ce dernier, notamment, se fait négociant en vins de Bourgogne). L'Église, cette fois, dépêche le père Aubry, fervent défenseur de la foi catholique et romaine, qui sera l'ardent opposant de Léopold. Face à la détermination des trois frères, l'Église décide de les excommunier. L'anathème fait fuir les derniers fidèles, et autorise toutes les bassesses, toutes les haines à l'encontre des trois frères. Ceux-ci se dispersent : Quirin choisit la vie paisible, retirée de Sion ; François meurt. Quant à Léopold, sa fidélité à Vintras finit par choir, et celui qui restaura Sion finit par abjurer pour retourner dans le giron de l'Église catholique et romaine à l'heure de sa mort. Figure centrale du roman, Léopold est une figure paradoxale. Meneur entre tous ses frères, directeur spirituel d'une communauté qui le voit comme un saint homme, il pourrait être qualifié d'illuminé, au sens premier du mot, détaché des basses tâches matérielles pourtant nécessaires à la gestion de son oeuvre. Son autorité, son charisme, cette part inébranlable qui font douter même les prêtres les plus orthodoxes, tel le père Aubry, il les tient de l'étude des textes, dont il fait une lecture radicale. Dieu, par exemple, est Amour, et s'Il est Tout, alors le Malin ne peut être, ni l'Enfer. L'humilité forcée que lui impose l'Église, en lui interdisant les quêtes auprès des fidèles, en fait le lointain descendant des Vaudois, des paysans allemands du seizième siècle, ou bien encore de Luther condamnant la richesse de l'Église. Sa foi, il la tient du dogme catholique, mais aussi de ce Vintras, personnage mystique, dont les transes hallucinées impressionnent l'auditoire. Léopold Baillard en est l'un des apôtres. Ainsi son aura de grand homme, de saint homme, s'oppose à cette seconde place, derrière Vintras, qu'il assume et revendique. Ainsi tire-t-il de sa relation épistolaire avec le prêtre normand une partie de sa consolation lorsqu'il est en exil à Londres durant cinq ans (l'autre partie de sa consolation provient du souvenir de Sion, ravivé par les échanges épistolaires avec son frère François). Apôtre et prophète en même temps, la seconde partie de son chemin est celle de la Passion. Battu, insulté, chassé par celles et ceux qu'il a baptisés, qu'il a communiés, par les enfants de ceux-ci - ainsi le petit-fils de son ami, à peine ordonné prêtre, qui lui demande de ne plus franchir la porte de sa maison -, il voit aussi les siens - à commencer par son frère, Quirin - le trahir, tel Pierre qui renie le Christ. Hérésiarque aux yeux de l'Église, il est celui qui, pourtant, restaura le culte de Sion par son amour pour ce lieu. le père Aubry le reconnaîtra lui-même. Sa foi, son amour, son humilité obligent même ses plus féroces adversaires. Pourtant, c'est bien lui, Léopold Baillard, qui abjure quelques instants avant sa mort. Victoire de l'Église, défaite de l'hérésie ; mais quelle est cette hérésie qui célèbre Dieu, qui restaure la foi des fidèles, qui épouse le message christique d'amour et de pauvreté ? En bien des points, l'histoire de ces frères est édifiante. Elle dit beaucoup du fait religieux en France, au dix-neuvième siècle. Elle dit d'abord le besoin de foi des populations paysannes, que la liturgie des Baillard stimule et enthousiasme. L'Église, cependant, conserve un très fort pouvoir, particulièrement visible lorsque l'excommunication est prononcée, et qu'alors se déchaînent contre les frères ces violences, hélas bien humaines, et que ne viennent pas tempérer ces hommes qui se disent de foi et qui disent propager un message d'amour. Oubliées les bonnes oeuvres des frères et des soeurs de la communauté. Pourtant, c'est bien encouragés qu'ils cultivèrent la terre et les âmes. Car, comme la terre a besoin d'eau, l'âme, probablement, a besoin d'un secours spirituel. Cette dimension, qu'on pourrait dire religieuse, mais qui en réalité transcende les époques et les dieux qu'on a célébrés sur cette antique terre gauloise (Barrès fait remonter le culte sur la colline aux anciens Celtes, et il compare les oblats du père Aubry aux légionnaires romains qui s'attaquèrent aux Gaulois), traverse le roman et parle d'autant plus à notre époque qu'elle a majoritairement disparu. L'Église, on le voit, qu'elle soit officielle ou hérésiarque, détient un rôle central dans les communautés paysannes. Elle structure la vie des hommes et des femmes, les éduque, les console dans les moments de grande peine (ainsi l'invasion prussienne de 1870). Lire La colline inspirée, c'est aussi retrouver le quotidien de nos aïeux, dont la vie se déroulait dans un cadre géographique et spirituel absolument défini, voire rigide, dont les limites étaient rarement dépassées. Le fait religieux que Barrès étudie à travers l'exemple des frères Baillard parle aussi de cette France du dix-neuvième siècle, de la monarchie de Juillet, du Second Empire, de la Troisième République. Lorsque Barrès publie le roman, la situation diplomatico-politique est à l'emballement, qui conduira, environ seize mois après, au déclenchement de la Première guerre mondiale. Derrière la ligne bleue des Vosges, c'est l'Allemagne, ce Reich qui a pris une capturé une partie du pays. Point de bellicisme dans les pages de la colline inspirée ; mais là souffle l'esprit français, non pas défini par l'attachement à la République - bien que celui-ci soit réel depuis la fin du siècle précédent -, mais par une transcendance. Associée à Rosmerta, déesse celte de la fertilité et de l'abondance, la Vierge Marie veille sur ses fidèles qui, à Sion, lui rendent hommage. Léopold Baillard, en cela, symbolise cet esprit français, et sa lutte contre l'Église est résumée, en épilogue, par la métaphore de la prairie et de la chapelle. La prairie, dit Barrès, c'est la nature, c'est l'immanence de Dieu et de la terre natale en chacun de nous, c'est la transcendance de ces mêmes choses à travers les lieux, les époques et les générations de femmes et d'hommes. La chapelle, c'est l'ordre, c'est la maîtrise de ces principes, appliquée pour tirer le meilleur des corps et des âmes. Pour un homme comme Barrès, il est impossible de choisir, de condamner. Condamner Léopold Baillard, son entreprise pour restaurer Sion, c'est renoncer à la terre natale, aux générations antérieures. Renoncer à l'Église, pour un homme tel que lui, c'est strictement impossible ou, mieux, inconcevable intellectuellement ; ce serait aussi renoncer à tirer de ces sentiments immanents décrits plus hauts la force nécessaire pour bâtir plus grand encore. On serait tentés, et à raison, d'opposer à ces sentiments de grandeur et d'attachement à ce que l'on peut nommer la patrie, le grand drame destructeur et meurtrier que fut la Première guerre mondiale. Lire Barrès aujourd'hui, cependant, permet d'entrevoir une partie de cette histoire de France qui, si elle fut celle des thuriféraires du nationalisme et des bellicistes, fut aussi celle d'une grande partie du monde paysan et, partant, de nos propres aïeux. Commenter  J’apprécie         70 Citations et extraits (99) Voir plus Ajouter une citation
Eric7621 février 2017Signaler ce contenuPage de la citation Soudain, il sentit quelque chose entrer dans sa chambre et s'arrêter auprès de son lit. Une sueur d'effroi couvrit tout son corps, mais il ne pensa pas à lutter, ni à appeler. Ce qu'il sentait là, près de lui, vivant et se mouvant, c'était abstrait comme une idée et réel comme une personne. Il ne percevait cette chose par aucun de ses sens, et pourtant il en avait une communication affreusement pénible. Les yeux fermés, sans un mouvement, il ressentait un déchirement douloureux et très étendu dans tout son corps, et surtout dans la poitrine. Mais plus encore qu'une douleur, c'était une horreur, quelque chose d'inexprimable, mais dont il avait une perception directe, une connaissance aussi certaine que d'une créature de chair et d'os. Et le plus odieux, c'est que cette chose, il ne pouvait la fixer nulle part. Elle ne restait jamais en place, ou plutôt elle était partout à la fois, et s'il croyait par moment la tenir sous son regard, dans quelque coin de la chambre, elle se dérobait aussitôt pour apparaître à l'autre bout. Commenter  J’apprécie         402
Eric7616 février 2017Signaler ce contenuPage de la citation Les appels d'un enfant ou d'un coq apportés de la plaine par le vent, le vol plané d'un épervier, le tintement d'un marteau qui là-bas redresse une faucille, le bruissement de l'air animent seuls cette immensité de silence et de douceur. Ce sont de paisibles journées faites pour endormir les plus dures blessures. Cet horizon où les formes ont peu de diversité nous ramène sur nous-mêmes en nous rattachant à la suite de nos ancêtres. Les souvenirs d'un illustre passé, les grandes couleurs fortes et simples du paysage, ses routes qui s'enfuient composent une mélodie qui nous remplit d'une longue émotion mystique. Notre cœur périssable, notre imagination si mouvante s'attachent à ce coteau d'éternité. Nos sentiments y rejoignent ceux de nos prédécesseurs, s'en accroissent et croient y trouver une sorte de perpétuité. Commenter  J’apprécie         414
Lazlo2310 décembre 2017Signaler ce contenuPage de la citation Connaissez-vous la rude allégresse de gravir les pentes de la colline par une courte après-midi glaciale de l’hiver ? Il semble que vous remontiez dans les parties les plus reculées de l’histoire. Le ciel est couvert d’épais nuages qui naviguent et sous lesquels des troupes de corneilles, par centaines, voltigent, allant des sillons de la plaine jusqu’aux peupliers des routes, ou bien s’élevant à une grande hauteur pour venir tomber d’un mouvement rapide, au milieu des arbres qui forment, sur le sommet, le petit bois de Plaimont. Par intervalles, un vent glacé balaye la colline en formant des tourbillons d’une force irrésistible, et il semble que tous les esprits de l’air se donnent rendez-vous là-haut, assurés d’y trouver la plus entière solitude. C’est un royaume tout aérien, étincelant, agité, où la terre ne compte plus, livré aux seules influences inhumaines du froid. de la neige et des rafales. Commenter  J’apprécie         170
enkidu_08 avril 2018Signaler ce contenuPage de la citation On voudrait s’arrêter ; on se dit que personne ne vit d’un mensonge, qu’il y a là sans doute une réalité à demi recouverte, un terrain de tourbe oit jadis un beau lac reflétait le ciel. On s’attarde auprès de cette vase, on rêve de saisir ce qui peut subsister d’un verbe dans les bégaiements de Vintras. Ah ! si nous pouvions pénétrer en lui jusqu’à ces asiles de l’âme que rien ne trouble, où repose sans mélange, encore préservé des contacts de l’air et des compromis du siècle, ce que notre nature produit d’elle-même avec abondance ! Lui, il se tient pour une énergie primitive. À l’en croire, il a retrouvé ce qu’Adam et Ève possédaient avant la chute : l’intelligence de toute la Création, les relations spirituelles avec les Mondes, les communications sensibles avec Dieu. Toute cette insanité ne laisse pas de parler à certaines parties de notre imagination. Mais quelle maladresse d’invoquer ici les figures d’Adam et d’Eve, et de nous rappeler la minute glorieuse où les premiers des hommes s’agenouillèrent devant le jour naissant ! Ce lever du soleil sur la jeunesse du monde, à l’heure où nos premiers parents rendaient grâce au Créateur, c’est le triomphe de la lumière et la fête de l’ordre, au lieu que la tare de Vintras, c’est d’être redescendu au chaos. L’atmosphère qu’il laisse derrière lui à Sion n’est pas saine ni féconde. On y sent le renfermé, la migraine, la prison, le triste cénacle où se pressent des demi-intelligences. Vintras exprime des thèmes qui ont usé leur vie, dépassé la première mort, accompli leur dissolution. Loin d’être une aube, une aurore, c’est le souvenir d’un triste chant de crépuscule. L’univers est perçu par Vintras d’une manière qu’il n’a pas inventée, et qui jadis était celle du plus grand nombre des hommes. Il appartient à une espèce quasi disparue, dont il reste pourtant quelques survivants. Quelle n’est pas leur ivresse ! Vintras est allé jusqu’à cette mélodie qu’ils soupçonnaient, dont ils avaient besoin. Il l’a reconnue, saisie, délivrée. Elle s’élève dans les airs. Ils palpitent, croient sortir d’un long sommeil, accourent. Vintras exprime l’ineffable. Ses vibrations éveillent chez eux le sens du supranaturel. Il renverse, nie les obstacles élevés contre l’instinct des âmes et le mouvement spontané de l’esprit. Il fournit à ses fidèles le chant libérateur. (pp. 207-209) Commenter  J’apprécie         30
MaujeanClement21 février 2024Signaler ce contenuPage de la citation — Je suis, dit la prairie, l’esprit de la terre et des ancêtres les plus lointains, la liberté, l’inspiration. Et la chapelle répond : — Je suis la règle, l’autorité, le lien ; je suis un corps de pensées fixes et la cité ordonnée des âmes. — J’agiterai ton âme, continue la prairie. Ceux qui viennent me respirer se mettent à poser des questions. Le laboureur monte ici de la plaine, le jour qu’il est de loisir et qu’il désire contempler. Un instinct me l’amène. Je suis un lieu primitif, une source éternelle. Mais la chapelle nous dit : — Visiteurs de la prairie, apportez-moi vos rêves pour que je les épure, vos élans pour que je les oriente. C’est moi que vous cherchez, que vous voulez à votre insu. Qu’éprouvez-vous ? Le désir, la nostalgie de mon abri. Je prolonge la prairie, même quand elle me nie. J’ai été construite, à force d’y avoir été rêvée. Qui que tu sois, il n’est en toi rien d’excellent qui t’empêche d’accepter mon secours. Je t’accorderai avec la vie. Ta liberté, dis-tu ? Mais comment ma direction pourrait-elle ne pas te satisfaire ? Nous avons été préparés, toi et moi, par tes pères. Comme toi, je les incarne. Je suis la pierre qui dure, l’expérience des siècles, le dépôt du trésor de ta race. Maison de ton enfance et de tes parents, je suis conforme à tes tendances profondes, à celles-là même que tu ignores, et c’est ici que tu trouveras, pour chacune des circonstances de ta vie, le verbe mystérieux, élaboré pour toi quand tu n’étais pas. Viens à moi si tu veux trouver la pierre de solidité, la dalle où asseoir tes jours et inscrire ton épitaphe. Éternel dialogue de ces deux puissances ! À laquelle obéir ? Et faut-il donc choisir entre elles ? Ah ! plutôt qu’elles puissent, ces deux forces antagonistes, s’éprouver éternellement, ne jamais se vaincre et s’amplifier par leur lutte même ! Elles ne sauraient se passer l’une de l’autre. Qu’est-ce qu’un enthousiasme qui demeure une fantaisie individuelle ? Qu’est-ce qu’un ordre qu’aucun enthousiasme ne vient plus animer ? L’église est née de la prairie, et s’en nourrit perpétuellement, — pour nous en sauver. Commenter  J’apprécie         30 Videos de Maurice Barrès (13) Voir plusAjouter une vidéo
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