Le Financement De La Recherche Archéologique Française à L'étranger ...

Dans les pays occidentaux et méditerranéens, l'archéologie conserve une aura formidable auprès du grand public et au sein des institutions scientifiques qui la soutiennent, preuve en est la multiplication de revues, d'articles et de documentaires sur le sujet depuis une vingtaine d'années. De façon chronique, elle n'en souffre pas moins de la crainte d'une diminution de ses financements (Normant & Richard 1974), et sa survie -ainsi que celle des sciences humaines et sociales en général -dépend souvent de l'état des finances publiques, des restrictions budgétaires annoncées et du poids des médias (nous renvoyons par exemple à un article polémique récent par L. Smith et E. Cantor dans USA today 1 ). Il est vrai que l'archéologie compte bien parmi les disciplines des SHS les plus dépensières en termes de moyens ; le moindre dégagement requiert plusieurs milliers d'euros ; les études « postfouilles » le sont tout autant. Alors certes, l'archéologie française constitue une exception dans le paysage européen et mondial (comparer p. ex. avec la situation en Irlande, Chiuchini 2010 : 4-5 ; voir Braemer et Angevin 2011 pour un état des lieux en Méditerranée), puisqu'elle continue de s'appuyer très largement sur le soutien de l'État, que ce soit pour ces opérations en France ou à l'étranger. Cependant, un effritement partiel de ce système est apparu sur le plan national en 2003 (loi n°2003-707), avec la mise en concurrence des opérateurs publics et privés dans le cadre des fouilles préventives. La multiplication des financements sur projet constitue la seconde étape du virage pris par l'archéologie depuis une dizaine d'année. Rappelons que, selon J.-P. Demoule (2011), l'archéologie est une science qui vise « à retrouver, enfouis dans le sol, des vestiges des civilisations disparues, et à en assurer la conservation », à « produire de la connaissance scientifique concernant ces civilisations » à partir de ces vestiges tout en assurant la diffusion des informations auprès du grand public. En métropole et dans les territoires nationaux, deux types de recherches doivent être distinguées : d'une part les recherches programmées, qui visent à étudier un patrimoine archéologique sur la moyenne ou la longue durée, répondant à des problématiques scientifiques précises -elles sont subventionnées par les services de l'État (CNRS 2 , services du MCC, collectivités territoriales, associations, etc.), mais aussi par des partenaires extérieurs ; et les fouilles préventives permettant d'étudier des sites menacés par des projets d'aménagement depuis 2001 (acteurs : INRAP, services du MCC, collectivités territoriales, sociétés privées), financées par les pouvoirs publics à travers la redevance archéologique obligatoire ou à la suite d'un contrat spécifique entre l'aménageur et l'opérateur dans le cas de fouilles rendues nécessaires à la suite d'un « diagnostique » de l'INRAP.

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