Les Mouvements Dans La Peinture : Classicisme - Arts

Les compositions théâtrales et stables appliquent fréquemment le schéma pyramidal. Les pleins et les vides des murs et. des ouvertures rythment la représentation. La perspective rejette l’illusionnisme gratuit.  Le dessin domine la couleur. Les peintrès empruntent la pureté de la ligne raphaélesque, précisent les formes et donnent un modelé ferme, parfois sculptural, aux personnages. statuaire gréco-romaine influence les drapés majestueux, la nudité héroïque, le hanchement dynamique et la correction des physionomies selon le modèle idéal : front triangulaire, nez droit. Cependant, l’observation de la nature mène vers une figuration humaine véridique et individualisée.  La lumière, parfois chaude et poétique, éclaire uniformément ; sa source artificielle provient d’en haut à gauche.  Le coloris franc guide l’œil du spectateur et l’informe.  La technique du pinceau, maîtrisée, donne un rendu lisse à la surface.

Artistes

Italie

Annibale Carrache

(1560-1609) renouvelle le classicisme en combinant l’observation de la nature, l’inspiration de l’Antiquité et l’étude des œuvres tardives de Raphaël. Il inaugure, en outre, le paysage historique.

Guido Reni

(1575-1642) exprime les tourments humains, mais reste fidèle à l’idéal solennel inspiré de Raphaël par les figures monumentales et sereines qu’animent des gestes dansés.

L’Albane

(Francesco Albani, dit, 1578-1660) développe un style gracieux qui séduit les amateurs privés.  Le Dominiquin (Domenico Zampieri, dit, 1581-1641) de Bologne, participe à l’élaboration du classicisme. Il peint des fresques monumentales ainsi que des toiles raffinées et porcelainées. Giovanni Francesco Romanelli (1610-1662) fait partie de la deuxième génération classique italienne. Il  utilise une palette claire avec un bleu qui lui est particulier.

France

La carrière de Nicolas Poussin (1594-1665), illustre peintre français, se déroule en Italie dès 1624. Il  délaisse progressivement la palette claire et dorée marquée par Titien pour un style rigoureusement intellectuel reconnu comme une expression pure du classicisme. Le peintre adhère à la philosophie stoïcienne et insuffle au paysage une puissance qui submerge la figure humaine à force de rigueur et de méditation. Dans la première moitié du XIXe, le maître inspire le NÉO-POUSSINISME, école officielle du paysage français à laquelle appartient Achille-Etna Michallon (1796-1822). Les œuvres de Jacques Stella (1596-1657) présentent des figures élégantes au modelé sculptural. Il se particularise par un éclairage froid et une gamme colorée assourdie.

Philippe de Champaigne (1602-1674) exprime dans ses œuvres la pensée janséniste. Il réalise des tableaux religieux pour les couvents et les églises. Son style un peu austère se reconnaît à la symétrie des compositions, aux draperies savantes et aux coloris frais : bleu sonore et rose.

Le Lorrain (Claude Gellée, dit, v. 1602-1682) passe toute sa vie à Rome et se consacre au paysage inspiré de la campagne romaine. Les vues, habitées par de petites scènes de l’Antiquité et de la Bible, baignent dans une atmosphère lumineuse et lyrique.  Les personnages antiquisants de Laurent de La  Hyre (1606-1656) évoluent dans une atmosphère limpide. Le paysage occupe une place grandissante dans sa carrière.

 Pierre Mignard (1612-1695) rivalise avec Le Brun à qui il succède dans ses charges en 1690. Très apprécié pour ses portraits et ses décors à fresque, l’artiste imprime une douceur un peu excessive à ses figures et recherche le raffinement des couleurs.

Gaspard Dughet (1615-1675), né et mort à Rome, décrit des sites précis des environs de Rome avec des torrents et des rochers escarpés. Le style noble et monumental de Charles Le Brun (1619-1690) se forge au contact du classicisme poussinesque avec un sens du dynamisme appris aux côtés de son maître Simon Vouet. Premier peintre du roi sous Louis XIV, il marque les arts plastiques de son temps en dirigeant l’Académie royale de peinture et de sculpture instituée en 1648.

ŒUVRES

Le Triomphe de Bacchus et d’Ariane,  Carrache, 1597-1604, fresque de la galerie Farnèse, Rome.

Paysage avec la Fuite en Egypte,  Carrache, 1602-1603, galerie Doria Pamphili, Rome.

Le Massacre des Innocents,  Reni, 1611, Galleria Nazionale, Bologne.

Chasse de Diane,  le Dominiquin, 1616, galerie Borghése, Rome.

L’Embarquement de la reine de Saba,  Le Lorrain, vers 1640,  National Gallery, Londres.

Les Bergers d’Arcadie,  Poussin, v. 1638-1640, musée du Louvre, Paris.

Le Jugement de Salomon,  Poussin, 1649, musée du Louvre, Paris.

Les Miracles de sainte Marie pénitente,  Champaigne, v. 1656, musée du Louvre, Paris.

Le roi gouverne par lui-même,  Le Brun, 1661, galerie des Glaces, château de Versailles.

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