Naturopathe De Qualité : Comment Choisir, Comment En être Un(e) ?

À l’heure actuelle, le métier de Naturopathie n’est pas reconnu en France par l’État. En d’autres termes, cela implique qu’il n’existe aucun cadre concernant les formations en Naturopathie. Je me souviens que lorsque j’ai commencé ma formation en Naturopathie en 2010, il n’y avait que 3 ou 4 écoles de Naturopathie en France, et toutes étaient reconnues par la FENA ou l’AFNAT). Au cours de ces 10 dernières années, les formations ont littéralement explosé. J’en avais peu conscience jusqu’à ce qu’une consoeur m’interpèle sur les dérives que cela engendrait :

  • autant pour les personnes souhaitant être accompagnées si elles le sont par un thérapeute peu ou mal formé, l’accompagnement peut être de qualité médiocre (et les fruits récoltés également).
  • que pour le métier lui-même un thérapeute peu ou mal formé peut impacter la réputation du métier.

 

Cette idée d’article m’est venue il y a plus d’un an. J’ai mis beaucoup de temps à la réaliser, car même si je souhaitais aborder le sujet, ce dernier me paraissait si délicat et complexe pour les raisons suivantes : – il était possible de froisser (ou de porter préjudice à) certaines personnes, et pour rien au monde je souhaite impacter négativement autrui. – étant infiniment plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral, j’avais peur ne pas réussir à exprimer le plus justement et objectivement ce que j’avais à l’esprit (il y a parfois un écart entre ce que l’on pense et comment on l’exprime), – je ne me sentais pas également suffisamment légitime pour énoncer ces conseils : le Syndrome de l’imposteur n’a rien à voir avec cela (je n’en ai jamais souffert, j’ai cette chance incroyable). Je travaille en tant que Naturopathe depuis 8 ans : une durée non négligeable, mais me paraissait dérisoire comparé à certains mastodontes de la Naturopathie qui ont plusieurs décennies d’ancienneté dans le métier. – puis, il y a toujours des exceptions à la règle : il existe des PSN – Praticiens de Santé Naturopathe – qui ne regroupent peut-être pas tous ces points, et qui sont d’excellents thérapeutes.

Donc, s’il vous plaît, gardez ces réserves à l’esprit tout au long de cette vidéo.

Rappels

Définition Naturopathie

La Naturopathie est une manière d’appréhender la vie en étant plus en harmonie avec soi-même (notre corps autant que nos émotions) et notre environnement. Nous apprenons à prendre soin de notre corps avec différents outils (alimentation, infusions/décoctions, superaliments, etc.), tout en englobant ce bien-être physique à un équilibre psychique et émotionnel. À l’inverse d’un médecin, face à un symptôme, on essaie d’œuvrer pour découvrir l’origine du symptôme : la cause.

Rôles d’un Naturopathe

Ce qu’il fait et ne fait pas (et ne doit donc pas faire). Un Naturopathe ne guérit pas : on est dans la prévention et dans l’accompagnement. Mots interdits : guérir, prescription, soigner, patient Un Naturopathe utilisant ses mots peut risquer gros, et se retrouver en procès. Un Naturopathe a pour rôle d’accompagner une personne vers un meilleur équilibre de vie. Pour cela, plutôt que de lister ce qu’il convient de mieux faire ou de faire autrement, il doit expliquer des points clés, et faire le lien entre ces conseils et leurs impacts qu’ils peuvent avoir sur nous. Cet enseignement a pour but, sur le long terme, de responsabiliser davantage la personne accompagnée. Un Naturopathe ne fait qu’une partie du travail : c’est comme un parent qui donnerait les outils à son enfant, et lui apprendrait à les utiliser. C’est ensuite à l’enfant de le mettre en pratique. Ça demande un changement d’habitudes, et peut donc être plus ou moins difficile selon les personnes (tempérament, caractère, habitude, environnement familial, etc.). Le Naturopathe ne doit jamais juger le rythme de chacun, et doit s’adapter à celui-ci avec une attitude encourageante. Parfois subtil équilibre à trouver car il y a certains cas d’auto-sabotages (inconscients).

Mes conseils

École reconnue FÉNA et AFNAT

Chaque Naturopathe devrait énoncer l’école qu’il l’a formée : sur son site internet ou son profil sur les réseaux sociaux s’il n’a pas de site internet. Si, en cherchant un Naturopathe, on trouve un praticien qui ne le mentionne pas : on peut lui demander par le biais d’un simple petit message (e-mail ou message privé).

Voici le lien de l’AFNAT : https://www.afnat-naturopathie.fr/les-ecoles-affiliees-a-l-afnat Voici le lien du site de la FÉNA : http://lafena.fr/ecoles-agreees/ La liste et les hyperliens de chaque école y est.

[ Édit du 6 juin à 11h00 ]

Suite à plusieurs messages de Naturopathes formées par des écoles hors FÉNA (en commentaire + via mon formulaire de contact) me faisant part de leur déception / désaccord face à ce point, je souhaite revenir sur ce point qui – je m’en doutais – aller être particulièrement sensible : • Créer, communiquer et partager implique d’être confronté, forcément, à des points de vue différents, des désaccords : j’ai conscience de cela, et continue malgré tout (l’amour de partager est plus fort). En 13 ans de blogs, on apprend forcément qu’on ne peut pas contenter tout le monde, que chaque contenu mis en ligne ne peut pas plaire… et surtout ne peut pas être parfait. Je suis extrêmement perfectionniste (et très dure envers moi-même), et essaie donc toujours, autant que possible, de prendre mille précautions, de repenser certains angles d’approche, d’améliorer la manière dont j’exprime les choses. Mais, même avec cette expérience et ces précautions, je peux continuer à être imparfaite, ainsi que mes contenus. D’autres fois, ils sont mal compris, ou pris trop personnellement. Là, ce n’est plus de mon ressort. Je suis ouverte aux critiques constructives (formulées de manière bienveillante), et suis très reconnaissante aux messages reçus, car ils l’étaient tous. Par ce premier point, je souhaite donc souligner la difficulté qu’il peut y avoir à créer et partager un contenu « lisse, parfait, qui satisfasse tout un chacun ». • Je me permets de remettre une phrase énoncée dans l’introduction de cet article : « puis, il y a toujours des exceptions à la règle : il existe des PSN – Praticiens de Santé Naturopathe – qui ne regroupent peut-être pas tous ces points, et qui sont d’excellents thérapeutes. ». Ainsi, en concevant cet article, j’avais déjà essayé d’anticiper la sensibilité de certain(e)s. Et, j’insiste : je suis réellement et profondément convaincue qu’il existe un certain nombre de thérapeutes ne remplissant pas ces 10 critères et qui sont d’excellents thérapeutes. Je connais, par exemple, personnellement deux thérapeutes issues d’une école certifiée FÉNA et l’AFNAT, qui ne respecte pas le point n°2 (pour l’une – celle d’ailleurs prise en exemple pour illustrer le dit point) et le n°7 (pour la seconde). Et, pourtant, je suis convaincue (pour les connaitre personnellement) qu’elles sont d’excellentes Naturopathes (qui gagneraient à s’améliorer, comme tout un chacun, moi incluse). • Cet article n’a pas pour but de recenser les écoles sérieuses formant à la Naturopathie, mais de guider les personnes souhaitant trouver un(e) Naturopathe et/ou de donner des conseils pour les personnes souhaitant se former. J’ai voulu aborder l’importance du sérieux d’une formation non reconnue pour l’État (à ce jour), et il me paraissait simple de mentionner la FÉNA et l’AFNAT pour ce faire. Ce raccourci peut paraitre un peu simpliste, mais il a l’avantage d’être accessible pour les personnes cherchant un(e) Naturopathe, et ne voulait pas passer des heures à rechercher et effectuer un comparatif entre plusieurs écoles. • Enfin, pour clôturer : si l’une d’entre vous souhaite créer une ressource (article, vidéo, tableau Excel comparatif / informatif) qui soit objectif en regroupant plusieurs critères (lieu, tarif, pourcentage de réussite, certification, stage obligatoire ou non, nombre d’heures en présentiel obligatoire, et autres points que vous estimez intéressants à prendre en compte), pour nous renseigner sur les différentes écoles non certifiées FÉNA et l’AFNAT, je serai ravie de le partager ici en intégrant un lien.

[ Fin de l’édit du 6 juin à 11h00 ]

Capacité à dissocier sa personne de son rôle de thérapeute

Un Naturopathe doit avoir la capacité de dissocier sa personne du thérapeute qu’il est (ou elle est). Que ce soit nos croyances religieuses, notre parti politique, notre sexualité, nos choix alimentaires (véganisme, crudivorisme, végétarisme, etc.) : cela ne doit pas transparaitre dans notre discours, dans nos accompagnements personnalisés. Par « discours », j’entends : les potentiels articles, livres, vidéos, partages sur les réseaux sociaux que l’on créé et formule. Et par « accompagnements personnalisés », j’entends : un suivi en Naturopathie d’une personne.

Exemple

Un jour, je suis tombée sur une Naturopathe végane ayant créé et partagé un contenu au sujet des protéines, et j’ai lu : « En terme de protéines, il y a des protéines végétales et des protéines issues de la souffrance animale ».

NON. Même si on le croit, on ne formule pas cela. En lisant cela, les personnes ne partageant pas nos choix alimentaires, peuvent ressentir une émotion peu agréable (jugement, rabaissés, triste, etc.). On peut, bien évidemment, mettre en garde sur l’origine des protéines animales, expliquer les inconvénients (sur la santé autant que sur l’environnement, l’éthique…) que cela a. Mais la manière dont le fait importe énormément : on doit garder une certaine neutralité. Les gens ne viennent pas nous voir pour qu’on leur fasse la morale, qu’on les prenne de haut. Ils viennent pour se faire du bien, pour apprendre. La pédagogie de qualité va de paire avec une certaine objectivité.

Extrémisme

Dans la même veine qu’exprimer un choix (alimentaire, religieux, politique ou autre), il y a des thérapeutes (et de nombreux créateurs de contenus et auteurs) qui peuvent être considérés comme sectaires. Ce sont ceux qui ont un discours et une position où ils prônent une certaine position de manière inflexible. On retrouve beaucoup cela chez les crudivores par exemple (mais, bien évidemment, tous les autres choix de vie peuvent se retrouver dans des positionnements de la sorte).

D’une manière générale, lorsqu’une personne se positionne d’une manière évoquant que sa vérité est la seule valable, il faut faire preuve de prudence. L’autre danger sous-jacent est que sa manière d’être et de s’exprimer se fera en subtilité : il n’y aura pas de panneau « danger » clignotant au-dessus de ce genre de personnes. Ce sont des personnes qui sont d’ailleurs, en général, de très bons orateurs : ils enrobent leurs arguments comme une vérité absolue, sans le dire clairement…   ce qui est d’autant plus dangereux.

Je me souviens que lorsque j’étais végétarienne (de 2010 à 2015), je ne l’ai jamais affichée sur mon profil Instagram ni sur mon blog. Il m’est d’ailleurs arrivé à plusieurs reprises d’être contacté par des personnes omnivores me demandant si j’acceptais de les suivre en sachant qu’elles ne souhaitaient pas devenir végétariennes. Au-delà de me toucher, ces demandes ont été les premiers signes qu’il existait des thérapeutes ayant un discours incisif sur les personnes venant les consulter et n’ayant pas opté pour des choix proches de leurs propres choix.

Alors, bien évidemment, dans une monde idéal : ce respect et cette neutralité, pourrait s’appliquer à tout un chacun… et pas seulement aux thérapeutes.

Personnalisation, responsabilisation

Une séance : temps imparti

Dans les écoles de Naturopathie, on nous demande de réaliser la première séance en 1h30 : c’est le délai moyen conseillé d’une première séance en Naturopathie. Normalement, en 1h30, le Naturopathe doit donc :

  • faire le bilan + l’anamnèse de la personne (sorte « d’empreinte humaine unique »),
  • expliquer rapidement ce qui se dégage du bilan
  • faire le programme personnalisé,
  • expliqué à la personne les conseils : lesquels, pourquoi, à quel dose, rythme, etc.

C’est extrêmement difficile de faire tout cela en 1h30, surtout au début (où on a moins d’expérience, et l’on prend donc plus de temps qu’on en prendrait après par exemple 2 ou 3 ans de pratique).

De plus, plus une personne a de déséquilibres et/ou de choses à modifier dans ses habitudes et dans son hygiène de vie, et plus il y aura de choses à lui transmettre, lui enseigner.

Trouver et prendre le temps d’expliquer

Il est donc impossible de pouvoir TOUT dire, TOUT expliquer dès une première séance. Mais… dès la première séance, le Naturopathe DOIT prendre un minimum de temps : non pour dire ce qu’il convient de modifier / changer / peaufiner… mais EXPLIQUER, ne serait-ce que deux ou trois points.

Un des buts d’un Naturopathe est de responsabiliser la personne par la transmission de savoir concernant l’hygiène de vie : si on se contente de simplement lister ce qui doit être fait / changé / adapté… sans explication, le travail d’un Naturopathe est incomplet.

Durant chaque séance, le Naturopathe doit prendre le temps d’expliquer un peu plus de choses :

  • rôle du conseil alimentaire, superaliment choisi et/ou complément, plantes ou épices choisies dans les tisanes personnalisées, etc.
  • si possible faire quelque liens entre votre (ou vos) motif(s) de visite, et les conseils donnés.

Ce qui suit est très personnel et n’engage que moi : au début de ma pratique, j’essayais de respecter ce qui m’avait été appris et demandé. Pour respecter ce temps d’une heure 30 (je débordais souvent un peu), je remplissais une feuille pré-imprimée, et me contentais de cocher ou écrire quelques mots, sans trop d’explication. Cette manière de procéder m’a rapidement frustrée : j’avais l’impression de ne pas suffisamment personnaliser mes conseils transmis. J’ai donc revu rapidement ma manière de faire : après le bilan Naturopathique, je prends un temps avec la personne pour lui expliquer ce qui se dégage de son bilan en quelques mots rapides, et prend beaucoup plus de temps pour lui expliquer les conseils que je vais intégrer dans ce premier programme personnalisé, et surtout le lien entre les conseils et leurs impacts sur son bien-être physique et/ou émotionnel.

 

Proposer au lien de dicter

Être suivi par un Naturopathe implique souvent changer des habitudes de vie : dans sa manière de s’alimenter, de bouger, de penser, de respirer, etc. La manière dont un Naturopathe amène ces changements doit se faire avec douceur, et sans jamais rien imposer ou dicter : un thérapeute propose une alternative (sans l’imposer), et en expliquant (si possible – au fur et à mesure des séances) en quoi cette option est préférable / plus adaptée.

Quelques exemples

« Arrêter de… » « Éviter de… » « Ce n’est pas bien de consommer cela » / « Cet aliment n’est pas bon » « Il est préférable d’opter pour [ aliment en question / habitude à changer ou adopter ] car [ raison ] » « Ce n’est pas bon pour vous de [ consommer / faire cette activité ] » « Cela ne vous convient pas de [ consommer / faire cette activité ] car [ raison ] »

La cause de la cause

Pour illustrer ce point, je vais commencer par lire une citation que j’affectionne particulièrement :

« Pour être un bon médecin, cherche la cause et traite la ; pour être une meilleur médecin, cherche la cause de la cause et traite la ; mais pour être un authentique médecin, cherche la cause de la cause de la cause et traite la.»

Cette citation est d’Hippocrate (460 – 370 av JC), et reflète une notion extrêmement importante en Naturopathie : le « causalisme ». Il s’agit d’une approche différente de la maladie comparé à la médecine allopathique. Cette dernière est une médecine dite de « contraires » : elle cherche à supprimer les symptômes (anti-inflammatoire, anti-anxiolytique, antispasmodique, antibiotique, etc.). La Naturopathie aborde différemment les déséquilibres chez une personne : on va essayer d’écouter ce que l’organisme (et la psyché) a à nous dire. On va creuser, rechercher la (ou les) cause(s) du déséquilibre.

(Bien évidemment, en cas de pathologie avérée, la Naturopathie ne peut remplacer la médecine allopathique : elle pourra être appliquée en parallèle d’un traitement médical, pour accompagner l’organisme et l’aider à se ré-équilibrer, tout en amoindrissant les potentiels effets secondaires du traitement médical)

Quelques exemples

En cas d’acné beaucoup de thérapeutes oubliant le causalisme vont vouloir détoxiquer le foie. Or, si un soutien (et/ou une détox) peut être intéressante (SI c’est la saison chaude et SI la Force Vitale est suffisante), il faudra aussi creuser à d’autres endroits : il peut y avoir des sources émotionnelles (trois émotions sont intimement liées au foie : la colère, la frustration, le sentiment de conflits extérieurs et intérieurs), un déséquilibre lié à la flore intestinale, des antécédents traitements médicamenteux lourds (antibiotiques, antidépresseurs, etc.).

En cas d’eczéma certains thérapeutes auront tendance à se focaliser sur l’équilibre acido-basique en désacidifiant le terrain et en se concentrant sur une alimentation plus acalinilisante. Bien que cette « météo intérieure » comme j’aime l’appeler, soit très importante, le microbiote de la personne, ainsi que la sphère psychologique est tout aussi importante : quand les premières plaques sont apparues ? Avec quel moment de vie cela coïncide ? Il ne faut pas hésiter à déléguer à un autre thérapeute, si l’on sent qu’il y a quelque chose d’important dans la sphère émotionnel à travailler (sophrologue, psychologue, EMDR…).

En cas de Syndrome de l’Intestin Irritable je l’ai mentionné dans une vidéo : se concentrer sur l’alimentation dans le cas d’un SII, en mettant de côté la sphère émotionnelle est une des plus courantes erreurs qui soit. La partie émotionnel devra forcément être creusée : cela peut être liée à une hypersensibilité, un choc traumatique, une dépression ou un état dépressif, quelque chose à ré-équilibrer dans notre vie (en tant que tel ou la manière dont on l’appréhende), du transgénérationnel, etc. Et ce n’est pas en demandant à la personne de mieux respirer, de faire du yoga, ou de la méditation que ça va solutionner la (ou les) source(s) émotionnelles. En cas de SII, il faut creuser plus profondément, en parallèle de ces conseils « classiques ».

Ne pas juger (même subtilement)

De prime abord, le « non-jugement » parait évident comme qualité pour un thérapeute. On ne doit pas critiquer, juger les personnes que l’on accompagne : c’est une vérité flagrante. … mais qui ne l’est pas forcément.

Vous le savez peut-être : près de 80% de notre langage est non-verbal. Ainsi, parfois, certains détails peuvent refléter une certaine forme de jugement. Ça peut être une formulation maladroite d’une phrase, un ton légèrement condescendant ou méprisant, une pointe d’ironie, un regard, etc.

Un thérapeute ne doit jamais jugé autrui : ses choix de vie, sa situation actuelle, ses difficultés, sa manière de gérer ces dernières, la manière dont la personne s’alimente, etc. D’ailleurs, bien souvent, ce sont les personnes que l’on accompagne qui se juge le plus durement. Il m’est arrivé un nombre innombrable de fois qu’une personne réponde à une de mes questions, et rajoute « Je sais, ce n’est pas bien ». On peut alors les rassurer et les aide à être davantage bienveillants envers elles-mêmes en disant qu’on est là pour ajuster certaines choses, et que cela peut se faire de manière progressive, sans hâte, et avec douceur pour une évolution à leur rythme.

Quelques exemples

Être la maitresse d’un homme je me souviens d’une femme d’une quarantaine d’années m’ayant confiée être en couple avec une homme dont elle était la maîtresse depuis 20 ans. Je le sentais autant dans son regard, que le positionnement de son corps (elle ne me faisait pas face, et se tenait en biais, comme pour éviter de me confronter complètement), ainsi que son intonation, qu’elle le vivait mal, et avait peur d’être jugée. J’ai noté cette information, sans matérialiser de marques d’étonnement, de jugement, autant dans ma voix, que dans mon attitude. J’étais dans l’accueil de ce qui est, de ce qu’elle ressent. Evidemment, j’ai également pris en compte sa souffrance pour la suite de la consultation.

Rythme d’aller à la selle l’état du système digestif d’une personne fait parti des choses les plus importantes qu’un Naturopathe va vérifier. Ainsi, lorsqu’on questionne une personne sur le rythme auquel elle va à la selle, on doit éviter de dire « Est-ce que vous y allez tous les jours ? » car ça insinue que c’est censé être ainsi, que le rythme « normal » est celui-ci. Cela peut, par exemple, entrainer un sentiment de gêne ou de malaise pour la personne (si elle ne va pas à la selle une fois par jour). On optera plutôt sur une question ouverte : « Pouvez-vous me dire à quel rythme vous allez à la selle, par semaine ou par jour ? » NB : il n’y a pas de rythme idéal. Le « une fois par jour » est une moyenne générale, ne reflétant pas l’évacuation idéale chez tous.

Personnalisation vs systématiquement

En Naturopathie, il y a certaines clés concernant l’alimentation saine qui peuvent être vues comme des « bases essentielles ».

Il m’est très souvent arrivé de commencer un accompagnement en Naturopathie, et que la personne me dise être complètement perdue face à ce qu’elle lit sur les réseaux sociaux, dans les livres et les magazines : au fil du temps, il y a de véritables vagues de mode qu’on voit défiler, chacun prônant une vérité différente, plus ou moins subtilement. S’il y a certes, parfois, des énormités qui circulent sur les réseaux sociaux, bien souvent, on peut lire des déclarations qui ne sont pas forcément totalement fausses ou totalement vraies : leur auteure y a projeté leur expérience (et donc leur constitution, leur déséquilibre, etc.), et ce qui a été d’une grande aide pour elles, ne sera pas forcément valable pour une autre personne… car, justement, on est tous différents : notre constitution, notre Force Vitale, nos potentiels déséquilibres, et nos sphères actuelles de vie (travail, familial, etc.).

Ainsi, ces fameuses « bases essentielles pour une alimentation saine » doit être adaptées, voir légèrement modifiées ou évitées, d’une personne accompagnée à l’autre. Et, bien souvent (trop souvent), j’ai constaté que des thérapeutes ne le font pas.

Quelques exemples

« Le cru, c’est vivant, c’est riche nutritionnellement ! Manger plus de cru, des graines germées, etc. » C’est une réalité biologique que les aliments crus et les graines germées sont plus riches nutritionnellement que les aliments cuits. En revanche, pour une multitude de raisons, cette réalité doit être adaptée : Si la Force Vitale de la personne est faible, un excès de cru peut la plomber davantage Si son feu digestif est trop faible OU qu’il y a une inflammation au niveau des intestins (maladie de Crohn, porosité intestinale, diverticulité ou SII) : ça ne fera qu’empirer son état ! Jus de légumes inclus. Il faut adapter à la saison : il y a des très peu de gens qui peuvent se permettre de manger un plat uniquement composé d’éléments crus durant la saison froide. Il faut donc adapter les doses, la fréquence en fonction de la saison.

La détox à tout va Je me bats depuis des années sur cette injection systématique. Je ne compte plus les personnes que j’ai récupérées, complètement dévitalisées par un excès de détox, parfois conseillées par des Naturopathes. Un peu d’Histoire et de culture : la Naturopathie comme on la connait aujourd’hui provient de deux branches : Amérique du Nord et Europe (principalement Allemagne et France). Elle a été imaginée au début du 20e siècle, en s’appuyant sur plusieurs autres médecines ancestrales : Ayurvéda, Médecine Traditionnelle Chinoise, etc. À ses débuts (dont au début du 20e siècle et il y a encore 50 ans), une détox était souvent proposée aux gens accompagnés. Or, la société (et donc les Hommes) a beaucoup évolué depuis 1970 : s’il y a certes plus de sources de polluants, il y a également plus de facteurs dévitalisants. Il en découle une réalité qu’il faut prendre en compte (et qui est mise de côté malheureusement par beaucoup) : beaucoup de personnes souffrent de Force Vitale faible. Or, sur un terrain affaibli, une détox est contre-indiquée. Toutes les saisons ne sont pas adaptées à la détoxication : durant la saison froide, c’est une aberration de faire une détox. Lorsque je vois, chaque année, les dizaines, les centaines de partages sur les réseaux sociaux, sur les blogs, et sur YouTube au sujet d’une détox après les fêtes de fin d’année en plein mois de janvier… ça me rend folle. Si une détox est pertinente à faire, ça sera UNIQUEMENT durant la saison chaude (lorsque la température extérieure est supérieure à 18-21°C selon la constitution de la personne). Avant de détoxifier (si celle-ci semble nécessaire), on peut déjà soutenir : un soutien est possible tout au long de l’année, et notamment après les fêtes de fin d’année ! Soutenir nos émonctoires (les « portes de sortie de notre corps », celles qui vont justement détoxifier naturellement) est faisable tout au long de l’année, et qu’importe notre Force Vitale : soutien du foie, renforcer la flore intestinale, etc. par le biais de tisanes, infusions et une alimentation hypotoxique.

Visio consultation vs cabinet ?

Concernant ce point, je préfère clarifier tout de suite un point et être transparente : Daniel Kieffer, une grande figure de la Naturopathie en Europe pour lequel j’ai énormément d’estime (qui s’avère aussi être le directeur de l’école qui m’a formée), est un homme ayant dédié sa vie à la Naturopathie et s’étant énormément battu pour la faire reconnaitre. Daniel Kieffer était contre un accompagnement par visioconférence (Skype ou autre). Il nous l’a fait clairement savoir, s’insurgeait que certains de ses anciens élèves (dont moi) pouvaient accompagner des personnes ainsi, et a même essayé de faire passer une interdiction d’exercer via la FÉNA (l’organisme dont je vous parlais dans le point n°1). Je parle au passé, car avec les événements récents, il a revu sa position : son école (comme les autres) enseigne par le biais de visioconférence, et dans un e-mail adressé aux anciens, il conseillait de réaliser les suivis, si possible, en visio. Bien sûr, ce sont des circonstances complètement spéciales et inédites, et cela ne veut sans doute pas dire qu’il est en accord avec le fait de poursuivre les accompagnements de la sorte.

Maintenant que j’ai été transparente sur la position de ce qui est sans doute la plus grande figure en Europe de la Naturopathie, je vais partager ma très humble position…

Pour moi

J’ai toujours été une vraie « geekette » sur les bords : j’ai littéralement harcelé mon père pour qu’on ait notre 1e ordinateur (13 ans), j’ai eu ma première Game Boy à 7 ans (je jouais essentiellement à des jeux de réflexions et stratégie, très peu aux jeux de rôle). Lorsque j’ai découvert le monde des blogs, c’était en 2006, j’ai été fascinée par toutes ces plateformes de partages. J’ai créé mon propre blog en 2007 : une vraie « Mamie Blogging ». Depuis je touche à tout, et j’adore cela : montage vidéo, photos, etc. C’est pour moi une manière de créer, d’exprimer une certaine forme artistique / poétique, et surtout… de partager, de faire du bien, de toucher le plus de monde possible à travers mes écrits. Le monde informatique et geek a donc toujours été présent dans ma manière de vivre. Quant j’ai eu terminé ma formation en Naturopathie, et que je me suis installée, j’avais un cabinet dans le 15e : un jour et demi par semaine (le jeudi après-midi et le samedi), gentiment prêtée par une de mes connaissances. Aussi geekette que j’étais, je n’avais pas songé une seule seconde à réaliser des accompagnements par Skype. Cette idée m’a été soufflée par plusieurs de mes lectrices de l’époque, me demandant si j’acceptais de les accompagner ainsi, car elles habitaient loin (Canada, sud de la France et Guatemala). J’ai accepté de faire des essais, et après en avoir fait cinq avec cinq volontaires, j’ai mis en place ce système.

Lorsqu’on fait le bilan d’une personne, lors de la première séance, le fait d’avoir la personne en « vrai » en face de soi permet (hors COVID) de faire : un bilan iridologique (en regardant les iris des deux yeux avec une loupe), ainsi que la prise des pouls de la personne pour faire un point sur son énergie (vision MTC). Ces deux outils sont normalement utilisés par des iridologues et des praticiens de la MTC (acupuncteur et praticien de Shiatsu par exemple), qui sont des métiers et des spécialités complètement à part : un acupuncteur a par exemple 8 ans d’études, durant lesquelles il approfondit la prise des pouls. Étant perfectionniste, et n’estimant pas avoir été suffisamment formée pour manipuler ces outils avec justesse, je préfère ne pas les utiliser (hello Énéagramme 1 !).

Pour réaliser un bilan des personnes suivies : ces deux outils de bilan ne sont que deux parmi beaucoup d’autres qui, eux, peuvent être pratiqués par visio. Pour ma part, je prend en compte le profil psychologique de la personne (MBTI), l’état de ses ongles et de leurs lunules et tâches, et bien évidemment la constitution Naturopathique (avec la paume des mains).

Pour vous tous : thérapeutes et personnes suivies

Être suivi(e) ou suivre par le biais d’une séance en visio est une démarche pour laquelle chacun aura un ressenti différent et très personnel. Cela peut convenir à certains et pas à d’autres : c’est complètement normal, et il ne faut surtout pas se forcer. Demandez-vous ce que vous préférez : peut-être être vous à l’aise avec l’outil informatique, ou peut-être non. Respectons nos propres préférences, car cela se reflétera dans notre expérience.

« Vibes & feeling »

Ce point est aussi subjectif, qu’il peut être important. Nous sommes tous différents : avec une approche de la vie, une sensibilité, un fonctionnement qui nous est propre (le MBTI est un outil parmi tant d’autres illustrant ces possibles différences).

Indépendamment du sérieux d’un thérapeute, chacun pourra ressentir une attirance différente : une personne pourra « accrocher » avec un certain thérapeute, et ce dernier (par ce lien créé) ne pourra que mieux aider la personne vue le voir. Inversement, avec le même thérapeute, une autre personne pourra ne pas réussir à créer ce lien si spécial et important.

De mon côté, j’ai un grand nombre d’hypersensible, et l’écrasante majorité de personnes que je suis en Naturopathe est constitué de personnes « NF », avec quelques NT et SF… et aucun ST. Une personne ST n’accrochera sans doute pas à ma manière d’accompagner, d’être, car le feeling ne passera pas. Aucune coïncidence ici. De l’Humain, des liens, la magie d’un contact et d’une sensibilité.

10/ Ancienneté ? Spécialité recherchée ?

Ancienneté

L’ancienneté peut refléter une expérience acquise… mais pas nécessairement ! Comme pour n’importe quel métier, il faut bien commencer un jour : mettre le pied à l’étrier implique des gens qui fassent confiance à un Naturopathe fraichement diplômé. Ainsi, une ancienneté de quelques années peut inspirer de la confiance, il est important de ne pas prendre uniquement cela en compte ! Certains thérapeutes avec 15 ans d’ancienneté sont parfois moins « bons » que les nouveaux formés (par un excès de confiance diminution de sa capacité à se remettre en cause, à rester humble, etc.). De plus, certains « anciens » peuvent ne pas être à jour de certaines découvertes faites entre temps. Par exemple : lorsque j’ai fait ma formation en 2010, on ne nous a pas parlé des FODMAPs (découvert en 2006 en Australie par une doctoresse) ! J’ai dû me former de manière auto-didacte à ce niveau-là par le biais de recherches, lectures (dont des sites scientifiques comme Pubmed).

Spécialité recherchée ?

Il existe un grand nombre de raisons de vouloir consulter un Naturopathe : apprendre à mieux prendre soin de soin, solutionner des petits problèmes qui amoindrissent notre qualité de vie, accompagner des troubles fonctionnels ou physiologiques (hypothyroïdie, endométriose, SII, SOPK), accompagner des pathologies (en parallèle d’un suivi médical). Certaines personnes vont ainsi avoir une demande très précise lié à un trouble dont elles sont atteints, et pourront donc se tourner vers des Naturopathes dont c’est la spécialité.

Le but n’est pas de tirer dans les pattes de thérapeutes et futurs thérapeutes qui ne correspondraient pas aux conseils que j’ai indiqué, mais d’aider à mieux trouver chaussures à son pied (pour les personnes cherchant un thérapeute, d’amener quelques détails pour peaufiner la qualité de son accompagnement (pour les thérapeutes et futurs thérapeutes).

Aux personnes souhaitant être accompagnées : ayez Foi. Soyez patient envers vous-même. Ayez confiance en votre thérapeute, il est là pour vous aider non pour vous juger. Cheminez à votre rythme. Soyez bienveillants envers vous-même.

Aux thérapeutes : continuez de faire de votre mieux. Ayez la capacité de votre remettre en cause. Restez humble. N’hésitez pas à déléguer, à poser vos limites. Prenez soin de vous, aussi.

 

Que ces mots puissent vous aider à trouver la perle qui vous aidera à grandir / à vous améliorer

 

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