Salat (islam) - Wikipédia

La prière selon le Coran

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Le terme salat est utilisée à 65 reprises dans le Coran. Salat peut y désigner la prière canonique et obligatoire, distinguée d'autres prières telle la prière de demande (du'â) ou certaines prières litaniques. Il est aussi utilisé pour désigner toute prière faite pour Dieu, sans précision. Le terme est parfois utilisé au pluriel et désigne alors des prières appelant des bénédictions divines[2]. Ainsi, le terme salat ne peut désigner la prière canonique dans les sourates II et IX[1].

Selon le Coran, dès les origines de l'humanité, la prière a été révélée et pratiquée par les prophètes, "comme pratique d'adoration de Dieu". Elle appartiendrait à un monothéisme originel, associé à Abraham et désigné sous le terme de hanifisme[2]. Avant d’être une forme normée, la prière est, dans le Coran, la base d'un comportement religieux[1].

Dans le Coran, les évocations de la prière canonique sont absentes dans les sourates les plus anciennes[1]. Elle se trouve principalement dans les sourates de la période médinoise, sans que le Coran ne fournisse toutes les informations et règles de la prière. Celles-ci sont complétées par la tradition musulmane[2].

Mise en place du rite

modifier Article connexe : Genèse de l'islam.
 
J.L. Gérôme, Prière sur les toits du Caire, 1865.

Selon la tradition musulmane, la salât n'est devenue une obligation cultuelle qu'après l'Ascension du Prophète de l'islam au-delà des sept cieux (Mi'raj), que la tradition situe en l'an 2 avant l'hégire, soit vers 620 apr. J.-C.[6]. C'est en effet à cette occasion que Dieu aurait prescrit à Mahomet les cinq prières rituelles. Selon la tradition, cela se fit par une sollicitation de Mahomet à la suite de laquelle celui-ci obtint de Dieu qu'il ramène à cinq les cinquante prières quotidiennes qu'Il avait initialement exigées[7]. Cette mise en place correspond à l'établissement de l'islam comme religion institutionnalisée[1]

La prière liturgique, appelé salat, est citée dès le Coran. D'abord demandée à Mahomet, sa prière personnelle sert de base à la forme liturgique. Elle s'inscrit dans la continuité des prières liturgiques juives et chrétiennes dont elle a subi des influences. Ainsi, un rite des ablutions proche du rite musulman est connu dans le christianisme antique[8]. Le paganisme antique est également une source d'influence mais de moindre importance[note 1],[note 2]. Jan Van Reeth a mené une étude sur la sourate Al-Fatiha commençant le Coran mais aussi la prière Salat. Selon lui, les premiers versets proviennent de la liturgie chrétienne et rappellent une doxologie puis des répons psalmodiques. Ainsi, le verset 5 serait une adaptation du Deus in adjutorium meum intende, Domine ad adjuvandum me festina commençant la prière des heures. Pour lui, la sourate Al-Fatiha est un « restant de livre d'heures[9]. » En tout cas, il ne fait aucun doute que cette sourate a été composée à des fins liturgiques[1].

Plusieurs versets, en particulier de la période mecquoise, donnent des indications horaires souvent adressées à Mahomet[note 3],[2]. Née d'une prière personnelle, elle a pris au fur et à mesure une dimension communautaire. C'est probablement à cette période qu'est rajoutée la prière médiane, séparée des autres dans la sourate II[10].

La prière est un sujet largement évoqué par les auteurs musulmans anciens. C'est au IIIe siècle de l'hégire, soit au IXe siècle de notre ère, que leurs ouvrages ayant été compilés, la conduite de la prière ainsi que le calendrier ont été fixés[1]. Au IXe siècle, les différences, assez restreintes, entre les écoles de l'islam quant à la prière, sont atténuées par la canonisation de celle-ci lors des compilations de Hadiths. Ces divergences se situaient dans l'obligation de la langue arabe ou, par exemple, dans la place de la prière communautaire face à la prière individuelle[10]. Ainsi, Abu Hanifa (VIIIe siècle) autorisait la récitation de la première sourate de la prière en persan pour ceux qui ne maîtrisait pas l'arabe[2].

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