Seine-et-Marne. J'ai Testé Pour Vous La Kizomba (et Je Suis Devenue ...

Par Vanessa Aspe Publié le 23 nov. 2021 à 22h38 ; mis à jour le 25 nov. 2021 à 12h26 Enregistrer Partager
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Un sport, un loisir, un art même. La kizomba, c’est tout ça à la fois. A la sortie du dernier confinement, j’ai voulu tester pour vous cette discipline en plein essor en Seine-et-Marne. Et aujourd’hui, je ne peux plus m’en passer. Ça tombe bien, il paraît que la danse, c’est bon pour la santé. Immersion dans une activité 100 % bien-être.

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Dimanche matin, 9h. Légère douleur lombaire dès le saut du lit. Supplice de mes doigts de pieds au contact du parquet. C’est mon corps qui me rattrape. Il se venge. Il me dit que j’ai perdu en souplesse. Il me rappelle que je n’ai plus l’âge pour ça, le bougre. « Passer ses week-ends à se cambrer sur la piste de danse, est-ce vraiment raisonnable ? », il me demande mon fichu corps de quadra. Il faut dire que je ne le ménage pas ces temps-ci.

Brie-Comte-Robert, Savigny-le-Temple, Fontainebleau, Nemours, Pontault-Combault : j’enchaîne depuis quelques semaines. Ça danse la kizomba aux quatre coins du département. Pour mon plus grand plaisir. Alors, elle peut toujours se plaindre ma vieille carcasse. Pour la peine, cet après-midi, ça sera cinq heures non-stop, un stage intensif organisé à Guignes par l’entreprise Kiz’il Connected.

Je danse donc je suis, chantait Brigitte Bardot. Je kizombe et succombe, pourrait-on poursuivre. Cinq mois que j’ai découvert cette discipline et plus moyen de m’arrêter. Mon obsession ? Toujours m’améliorer. Après tout, à quoi ça sert la danse si ce n’est pas à apprendre à connaître ses propres limites pour mieux les repousser ?

Danser, c’est se faire violence physiquement, c’est certain, mais pas que. Parce que mentalement, il s’agit aussi de relever un défi. Mais maintenant que je suis entrée dans la danse, pas question d’en sortir. La kizomba, c’est ma came. Et mes dealers s’appellent Pharel et Eve, Rodrigue et Julie, Thierry et Katia.

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La magie de la danse

D’abord, la kizomba, c’est quoi ? Souvent considérée, à tort, comme une danse latine, elle se pratique en couple et s’inspire de la semba, danse traditionnelle de l’Angola. Si les Africains l’ont adoptée dès les années 1980, il aura fallu attendre 2008 pour que la kizomba (qui signifie « fête » en kimbundu) ne traverse les frontières de l’Europe. Teintée de musiques caribéennes, cette discipline se répand aujourd’hui plus vite qu’un mauvais virus en plein hiver, à cette différence que la kizomba, elle, constitue un vaccin efficace contre la morosité ambiante.

En effet, d’après de récentes études , la danse se révèle être un anti-stress efficace. La production de sérotonines, de dopamines et d’endorphines, ces hormones naturelles dites du bonheur, procurent un plaisir, voire une euphorie.

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Alors, voilà, un jour, je me suis dit, une danse de salon africaine, pourquoi pas ? J’ai plongé corps et âme et j’ai été piquée dès les premiers pas. Et je suis loin d’être la seule. Rodrigue, 34 ans, professeur de danse à MK Danse Studio, à Pontault-Combault et fondateur de Kiz’il Connected, à Guignes, se souvient de sa rencontre avec cette danse à la fois dynamique et langoureuse.

« C’était en 2014, j’ai pris un premier cours, un peu à reculons pour suivre une bande d’amis – moi, j’étais plutôt zouk à la base, raconte-t-il. Et puis, c’est à chaque fois la même histoire. La kiz’, t’essayes une fois et tu deviens addict. La connexion est vraiment spéciale. On est dans un autre type de déplacement, on doit être en symbiose avec son ou sa partenaire. On est vraiment dans une union, une harmonie. »

Et de poursuivre :

« Une fois qu’on découvre la musique, le partage, il y a une énergie, dont on ne peut plus se passer. C’est vraiment cette recherche là, surtout dans cette époque, de retrouver cette connexion qui crée la magie de la danse. »

Toute en ondulations, la kizomba se pratique les corps rapprochés, toute en sensualité.

De nouveaux repères

Enfin, côté sensualité, on repassera. Il faut bien l’avouer, en ce qui me concerne, ce n’était pas gagné. En bonne zoukeuse qui se respecte, le bassin, en avant. Je n’ai pas le réflexe de la posture droite et longiligne que nécessite la kizomba.

« La connexion se fait poitrine contre poitrine, le bassin en arrière », me martèlent mes profs. Sans oublier le port de tête qui se veut élégant alors que mon regard reste fixé sur mes pieds.

Certes, je pratique déjà la salsa depuis quelques années. Il n’empêche, il a fallu tout reprendre à zéro. Amis salseros et salseras, vos acquis sur le « un, deux, trois, …cinq, six, sept… » ne vous serviront pas à grand-chose. Car en kizomba, les passes ne se comptent pas en huit. En kizomba, c’est le « leader » qui décide s’il part sur un deux temps, sur un trois temps ou sur un mille temps, si ça lui chante.

C’est cette perte de repère qui m’a déboussolée au premier cours (et aux suivants aussi). Le secret pour devenir une bonne danseuse de « kiz »’ ? Le lâcher prise. Se lover dans les bras de son cavalier et ne penser à rien, sinon rester à l’écoute de son guidage, bien plus subtil qu’en salsa. Plus facile à dire qu’à faire. Les débuts sont laborieux. Moi qui pensais maîtriser la danse de couple, me voilà débutante. Heureusement, les conseils des enseignants permettent d’avancer lentement mais sûrement.

Farel et Eve donnent des sours à l'association Staff Salsa à Savigny-le-Temple
Pharel et Eve donnent des sours à l’association Staff Salsa à Savigny-le-Temple (©VAR/LPB)

« Les filles, on va sentir une petite impulsion dans le dos, c’est le signal qu’il faut être projetée sur la gauche, c’est comme un touch mais ça reste très subtil. C’est un ressenti, votre partenaire va vous remettre sur la ligne de danse. On ne sent quasiment rien, c’est très léger, dans la nuance », souffle Eve, professeure à l’association Staff Salsa, à Savigny-le-Temple.

C’est à elle et à son partenaire Farel que je dois ma nouvelle passion. C’est, en effet, chez eux que tout a commencé pour moi, un peu par hasard, sur les conseils d’un ami. « Viens, tu verras, la kizomba, c’est vraiment un plaisir différent ».

Et me voilà donc, cinq mois plus tard, dans la salle du centre associatif les Saules, à Plessis-la-Forêt, la concentration est à son paroxysme. Un, deux. Les talons des danseuses claquent en rythme sur le parquet. La sono déverse un son d’Elji Beatzkilla, un incontournable dont je connais désormais presque toutes les subtilités. Les miroirs reflètent des corps confus, en plein apprentissage.

« La kizomba, ce n’est que de la marche »

De la marche, c’est vite dit quand même.

Une diversité quasiment infinie

Main gauche sur l’épaule de mon cavalier, en position de balade, je ferme les yeux pour forcer mon attention sur les directives de Sébastien, 44 ans. Légère pression dans le dos qui m’indique un transfert de poids de la jambe droite à la jambe gauche. Feinte, je repars de la jambe droite. Renversé hanche contre hanche. Un, deux, trois, on referme. Pas si simple.

On se marche sur les pieds. Encore un peu empotés mais déterminés. Sébastien aussi est mordu. « Je danse entre quatre et cinq heures par semaine, en cours particulier, même parfois. Je sillonne l’Essonne et la Seine-et-Marne pour me frotter à différents enseignants. Chacun a sa technique, sa façon d’apprendre », raconte mon partenaire, les yeux cernés, de retour d’un festival de trois jours à Barcelone.

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C’est sans doute pour ça qu’on ne se lasse jamais. La multiplicité des variantes offre une diversité de mouvements quasi-infinies. Urbankiz, Tangokiz, Tarraxo, Guetto Zouk, et j’en passe. Il me reste tellement à expérimenter.

« C’est infini, d’où l’addiction, parce que tu ne t’en lasses jamais. Il y a tellement de passes, de nouveautés, de profs qui nous font voir d’autres choses. On apprend tous les jours », analyse Thierry, président de l’association Beev (Bien-être en vous), à Fontainebleau.

« On change de partenaire », annonce Eve. Dans les enceintes, la voix de Mika Mendes, tellement suave.

Devant moi, se présente Fabrice, 36 ans, éducateur sportif, le sourire contagieux. « Enchanté. » Fabrice débute mais a vite progressé. « Je ne sais pas si c’est moi qui ai choisi la danse ou si c’est la danse qui m’a choisi, en tout cas, c’était une évidence ». Fabrice pratique tous les jours. Il est ambitieux.

« J’aime bien les gestes techniques qui font voyager ma partenaire. Quand je danse, je m’imagine en pilote d’avion et quand j’invite une fille, on part en voyage. Alors, attache bien ta ceinture, on va décoller, plaisante-t-il. Des fois, la connexion se fait, tellement bien que je vole. » C’est vrai que c’est planant.

« On marque une pause», commande Pharel avant de révéler la passe du jour, un enchaînement compliqué. Ça se corse. « On passe un niveau supérieur, on n’est plus des débutants ici, hein ? » La pression !

Lady styling

Danser c’est ça aussi, c’est se remettre perpétuellement en question. Rien n’est jamais acquis. « Si on ne continue pas de s’entraîner, on perd du niveau, prévient le professeur. Il faut garder cette assiduité. »

Ça tombe bien, le souci de la précision me donne l’envie d’aller plus loin. « Ne lève pas trop tes pieds », me conseille Eve. Ma formation commence à porter ses fruits, je me sens de plus en plus à l’aise. Libre, même. Mais ce qui me fait toujours défaut ? Le style ! Afin de me perfectionner, direction Fontainebleau, pour un cours de « lady styling », avec Katia. Le but ? Améliorer mon expressivité.

« Le lady styling c’est apprendre aux filles à apporter quelque chose de supplémentaire à la danse de couple, explique-t-elle. Le partenaire guide, certes, mais nous les femmes, on peut rajouter de la grâce, avec un mouvement de bras, de tête ou avec un déhanché. Ça peut être utile en soirée. »

En soirée justement, j’essaye de me souvenir des cours. Il s’agit de passer de la théorie à la pratique. Sous la lumière tamisée de la piste du Seven, à Brie-Comte-Robert, les corps en accord, l’alchimie électrise les danseurs jusqu’à la pointe des pieds, nourrie par une vraie complicité. Normal, nous parlons désormais le même langage. Un langage qui se passe de mots, qui envoie des messages discrets, des messages du bout des doigts, dans des micro-mouvements, dans des codes indéchiffrables pour les non-pratiquants. C’est ce qui fait la force du langage corporel.

Un exutoire

En clair, dis-moi comment tu danses, je te dirai comment tu es. « Sans avoir échangé le moindre mot avec une danseuse, il y a des choses que je peux deviner dans sa posture, dans sa façon d’être dans la manière dont elle est réceptive au guidage, pointe Loïc, 37 ans, DJ et associé de Rodrigue. Je sens si c’est une personne indépendante, si au travail, elle a l’habitude manager, si c’est quelqu’un d’introverti ou d’extraverti, etc. »

Loïc aussi est addict. « La kizomba, ça vide la tête. Quand je danse, j’oublie tout, même après une mauvaise journée. C’est un bon exutoire. Alors oui, la danse, c’est une drogue mais, autant le dire, j’ai pas envie de me désintoxiquer ! » Moi non plus. Vite, ma dose !

Vanessa ASPE-RELOUZAT

@VanessaRelouzat

Où danser près de chez vous ? Liste non exhaustive…. MK Danse Studio à Pontault-Combault, tous les lundis, avec Rodrigue et Julie. Tél : 09 81 34 42 37. A Savigny-le-Temple, avec l’association Staff Salsa, cours de kizomba le lundi avec Farel et Eve. Téléphone : 06 60 51 98 36. A Fontainebleau, avec l’association Beev, le jeudi avec Thierry. Téléphone : 06 86 88 64 39. A Nemours, avec l’association Caraïbes en folie.tous les mardis de 19h à 20h, à la Scala, avec Antoine et Katia. A Guignes, un stage et une soirée par mois avec l’association Kiz’il Connected. Contact : [email protected]. A Varennes-sur-Seine, tous les mardis avec Dance Factory. Tél. : 06 48 38 03 34. A Lieusaint, tous les mardis, avec l’association Elegua : elegua.fr. A Brie-Comte-Robert, au Se7en Club 77, soirées régulières de salsa, kizomba et bachata : 01 60 02 56 38. Evénements Kiz’il : sur ce lien

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