4.5 Créateur D'un Logiciel - DOCAM
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5. Le créateur d’un logiciel utilisé dans la conception d’une œuvre de nouveaux médias peut-il revendiquer des droits?
Le fonctionnement de certaines œuvres d’arts médiatiques dépend d’un programme informatique (ou logiciel), lequel génère un script d’exécutions appelé code source. Depuis le début des années 1970, un programme informatique est reconnu comme une œuvre littéraire et de ce fait il est protégé par le droit d’auteur. Ainsi, le développeur détient les droits de reproduction, d’adaptation et de distribution du code source d’un logiciel. Avant de reproduire le programme utilisé dans son œuvre, l’artiste doit d’abord demander et obtenir une licence d’utilisation ainsi qu’une copie du code source. Aussi, certains artistes développent leurs propres logiciels. Dans tous les cas, lors de l’acquisition d’une œuvre par un musée, ces documents devraient être fournis par l’artiste afin de permettre la migration ou l’émulation de son contenu pour sa conservation future.
Tel que l’affirme l’artiste David Rokeby dans un entretien qui porte sur la documentation et la conservation des différentes itérations de son œuvre intitulée Machine for Taking Time, les artistes et les musées dépendent des créateurs de logiciels pour conserver certaines œuvres de nouveaux médias :
I realized that in the long term it would be better for me to own as much of the code that my pieces run on as possible so that I could reconstruct in the future if I had to. Or, conservators in the future could reconstruct. […] I don't feel good about selling someone a work if they have long term expectations for its longevity if it's based on a piece of software that for example requires an authorization and the company may disappear.
« J’ai réalisé que pour la pérennité de mes œuvres, il serait préférable que je sois propriétaire du code qu’elles appliquent. Ainsi, au besoin, je pourrais les reconstruire ou des restaurateurs pourraient le faire. […] Je me sens mal à l’aise de vendre une de mes œuvres si les acquéreurs ont des attentes à long terme quant à sa durée de vie, s’il s’agit par exemple d’une œuvre tributaire d’un logiciel nécessitant une autorisation préalable pour être utilisé et dont le fabricant risque un jour de disparaître ». [Traduction libre]
Depuis les années 1980, des communautés de développeurs, composées notamment d’étudiants et de chercheurs, renoncent à leur droit d’auteur en créant des logiciels à code source libre, aussi appelés logiciels libres ou au code source accessible et ne devraient pas être confondus avec les gratuiciels (freeware), soit des logiciels gratuits dont le code source est fermé.
Les logiciels libres sont distribués avec une licence qui détaille les droits concédés à l’utilisateur. L’une des licences les plus connues et utilisées, la GNU General Public License, permet à l’utilisateur de :
• exécuter le programme, pour tous les usages;
• étudier le fonctionnement du programme;
• redistribuer des copies;
• améliorer le programme pour ensuite le republier.
Par ailleurs, afin de respecter la philosophie des logiciels à code source libre, l’utilisateur doit copier et distribuer son code source afin que celui-ci puisse être réutilisé. En conséquence, l’artiste qui utilise un tel logiciel dans son processus de création doit automatiquement fournir son code source au musée ou à l’acheteur, ce qui facilitera grandement la conservation de son œuvre à long terme.
Exemple : Embryological House (1997-2002), Greg Lynn
Le projet Embryological House de l’architecte américain Greg Lynn a été créé d’une part à partir d’un logiciel d’animation et de modélisation géométrique et, d’autre part, de maquettes physiques générées numériquement. Le projet demeure à l’état conceptuel et conservé sous forme de fichiers numériques au Centre Canadien d’Architecture (CCA). L’institution a rencontré certaines difficultés quant à la conservation de cette œuvre car les supports numériques produits à la fin des années 1990 et l’environnement informatique qui les exploitait sont maintenant obsolètes. Le CCA a donc reproduit le logiciel utilisé. La conversion des fichiers numériques d’origine vers des formats compatibles avec des logiciels à code source libre a alors été envisagée par le CCA, afin que les restaurateurs ne dépendent pas à long terme de l’autorisation d’une compagnie privée pour migrer l’information contenue dans le projet.
Conclusion
Ce survol et les exemples qu’il comporte peuvent servir de références aux muséologues confrontés aux questions de droits d’auteur relatives aux collections d’œuvres de nouveaux médias. Si ces complexités légales sont considérées de manière vigilante, tous en bénéficieront – musées, artistes et public.
Elaine Tolmatch, coordonnatrice aux demandes de subventions auprès des gouvernements et des fondations
et Stéphanie Corriveau, assistante de recherche DOCAM
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