Des Trucs Et Des Choses | Pour Apprendre Des Trucs Inutiles Et Des ...

L’idée de cet article a germé il n’y a pas si longtemps, quand j’ai vu sur les rézos la vidéo virale d’un jeune chauffeur de taxi américain qui moquait la façon de compter des Français. Etant chauvine mais lucide et pleine d’humour et d’autodérision, j’ai ri. D’ailleurs, il n’avait pas tout à fait tort, pour ne pas dire qu’il tombait plutôt juste.

L’explication m’est tombée dessus par hasard, puisqu’elle se trouvait dans le devoir de maths de ma fille, en cette période troublée qui m’a permis au moins de discerner que je ne suis définitivement pas faite ni pour l’école à la maison, ni pour le métier d’enseignante. C’est bien, parce que ce sont des questions que je me suis réellement posées, et là, en fait, ben c’est non.

Alors voilà, j’ai ainsi appris (à ma grande joie, car j’aime apprendre des choses) qu’au temps jadis, dans certaines régions, on comptait de 20 en 20. C’est bizarre. Mais c’était comme ça. Cela s’appelle une « base vigésimale », mot barbare s’il en est. On ne sait pas trop d’où ça vent d’ailleurs : des Celtes ? Des pré-Celtes ? Des Normands ? (les Danois comptent eux aussi sur une base viségimale)…

Donc ça donnait : dix, vingt, vingt-dix (?), deux-vingts (??), deux-vingts-dix (???), c’est très étrange, puis 60 = trois-vingts, 70 = trois-vingts-dix, 80 = quatre-vingts (aaaah !), 90 = quatre-vingts-dix.

Ailleurs, on comptait de 10 en 10 : ça paraissait malin, et sont apparus dans la langue française trente, quarante, cinquante, soixante, septante, octante, nonante.

Tout cela est très logique.

Pourquoi a-t’on mélangé les deux, alors là c’est un mystère. Peut-être un truc de politique, pour concilier tout le monde et qui ne satisfait personne à la fin. Il y avait d’un côté la logique paysanne de la périphérie, de l’autre le snobisme de la ville (pure supposition de ma part) qui fait que les deux systèmes se sont mêlés. Au XVIIe et XVIIIe s., par exemple, on retrouve chez Racine, Molière, Boileau, Voltaire et beaucoup d’autres des six-vingts, des septante, et on peut imaginer que c’était probablement la marque d’un petit conservatisme de bon goût. Un peu comme moi quand je dis « mille quenouilles » à la place de « merde ».

Une conclusion qui l’est (de bon goût)

PS : je suis en train de me prendre un petit rythme de croisière d’un article par an, c’est excellent, je vais essayer de continuer comme ça.

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