Elias Rêvera à Revers Ailé - Quaternité
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20.7.16
Elias rêvera à revers ailé
Pour HannahVous voici donc au terme de cette histoire. Ou presque. Pour ceux qui veulent aller jusqu'au bout, vous avez la possibilité de télécharger le chapitre 57 grâce à un code à 7 chiffres qui a été clairement cité par l'un des personnages dans l'histoire.Le roman passe effectivement du chapitre 56 au chapitre 58, et l'achat s'imposait car une curiosité qui a abondamment alimenté Quaternité depuis un an est un saut similaire dans la numérotation des chapitres de Deuils de miel, le troisième roman publié de Thilliez, passant du chapitre 29 au chapitre 31 dans l'édition originale Rail Noir de 2006, puis dans les premiers tirages Pocket de 2008 à 2010. C'était une erreur rectifiée dans les tirages suivants. Il est évidemment possible que Thilliez, vraisemblablement informé de cette erreur, s'en soit inspiré, et nullement inconcevable qu'il ait connu les développements que j'en ai tirés, publiés sur Quaternité à partir de juillet 2015. Quoi qu'il en soit, c'est le premier roman de Thilliez paru après mes analyses.
J'y notais que Deuils de miel s'achevait originellement sur un chapitre 34, nombre de Fibonacci, et que le roman comptait bien 34 éléments puisqu'il était conclu par un épilogue, or Rêver s'achève sur un chapitre 89, autre Fibo, et l'édition papier compte encore 89 éléments car il y a un prologue. S'il m'était essentiel que Deuils de miel se répartisse en deux nettes enquêtes totalisant 21 et 13 éléments, je n'ai pas vu de répartition évidente des 89 éléments de Rêver en 55-34 ou 34-55, les Fibos précédents, mais il y a tout de même quelque chose d'ahurissant. La répartition en 55-34 éléments implique de s'intéresser à la fin du chapitre 54 (55e élément en comptant le prologue), et au début du chapitre 55. Le roman a un déroulement chronologique éclaté, de décembre 2014 à fin juin 2015, impliquant une attention soutenue du lecteur, et le chapitre 55 se signale par un retour en arrière au 11 juin 2015, or relisant mon premier billet sur Deuils de miel je constate que c'est ce 11 juin que j'en ai racheté un second exemplaire, après plusieurs semaines de recherche de celui que j'étais pourtant sûr d'avoir. La page (je donnerai le code plus loin) donnant le chapitre 57 donne aussi la chronologie rétablie des 90 éléments, et il est fascinant que le chapitre 55 soit chronologiquement le 35e élément, marquant donc alors une répartition 34-55, ou 34-56 en comptant le chapitre 57.
Je n'avais rien noté, et la lecture du roman m'a conduit à penser que je ne l'avais pas lu précédemment, ce qui m'a surpris car je l'avais acheté après la lecture de L'anneau de Moebius qui m'avait vivement incité à lire d'autres Thilliez. Il y a dès le début de Deuils de miel des échos rousseliens qui auraient dû éveiller mon attention. L'intrigue de Rêver est complexe. Son personnage principal, la profileuse Abigaël Durnan, a des problèmes de mémoire, en partie dus à l'accident qu'elle a eu le 6 décembre 2014, où sont morts son père Yves et sa fille Léa. Elle enquête sur un mystérieux kidnappeur d'enfants, et trouve le 11 juin, chapitre 56, des éléments essentiels dans un roman récemment paru, La quatrième porte de Josh Heyman, mais, pour une raison donnée dans le fameux chapitre 57, elle ne se souvient plus ensuite avoir lu ce livre dont des bribes lui reviennent dans ses rêves. Au chapitre 10, se passant le 16 juin, Abigaël rêve d'une fillette qui lui donne un papier sur lequel est inscrit un code, 10-15-19-8. C'est le code permettant d'accéder au chapitre 57 en ligne, et il correspond par les rangs des lettres à JOSH (Heyman), l'auteur de La quatrième porte, un titre qui m'est évocateur, mais j'y reviendrai car une fillette associée à un chapitre manquant fait d'abord tilt chez tout perecquien. Tout commentaire approfondi de La Vie mode d'emploi signale son chapitre manquant, correspondant à un coin de l'immeuble100 La petite fille qui mord dans un coin de son petit-beurre Lu
4 Où nonobstant un « Vol du Bourdon » il n’y a pas d’allusion à Nicolas Rimsky-Korsakov 6 Qui au sortir d’un corpus compilant nous conduira tout droit au zooLe chapitre 5 correspondant à l'E blanc est donc absent, divers jeux équivalents apparaissant dans le roman. Il y est également fait allusion à la nouvelle Parmi les noirs de Roussel, et à sa conclusion "Les lettres du blanc sur les bandes du billard", devenue "L'inscription du blanc sur un bord du billard". J'ai vu dans Deuils de miel des jeux ressemblant fort aux homophonies rousseliennes, sans être assuré que l'idée en venait de Roussel.
Le syndrome [E] me semble aussi faire des emprunts, conscients ou non, au superbe roman de Theodore Roszak, La conspiration des ténèbres, dont j'ai déjà parlé ici. Il y est question du cinéaste disparu Max Castle/Castell, dont les trucages divers, de l'ordre du subliminal, ont été utilisés par un groupe à des fins apocalyptiques. Le roman de Thilliez est aussi centré sur un film d'un cinéaste disparu, Jacques Lacombe, dont les trucages de l'ordre du subliminal rendent aveugles ceux qui le visionnent. Un colonel de la DGSE s'en sert à ses propres fins, Bertrand CHASTEL (autre forme de CASTLE). Dans les deux romans, les enquêteurs trouvent quelqu'un possédant les films du cinéaste, ZIP LIPSKI chez Roszak, LUC SZPILMAN chez Thilliez. J'admets que la ressemblance est loin d'être décisive, et elle donne une idée de la mentalité de Thilliez si elle est intentionnelle. Le nom JACQUES LACOMBE ouvre une piste complexe. Il est difficile de ne pas penser à Georges LACOMBE, le personnage incarné par François Truffaut dans Rencontres du troisième type, inspiré par l'ufologue JACQUES Vallée, également théoricien des coïncidences dont il a été question ici, pour le fantastique cas du taxi Melchizedeq. Je pourrais encore faire remarquer que le prénom Léon vient du latin leo, qui veut dire lion; mais je ne m’appelle pas Léon. Aussi, plutôt que de m’attarder à de tels rapprochements, tous plus ou moins fallacieux, dirai-je tout de suite que ces quatre animaux me ressemblaient parce qu’ils portaient chacun à la place du coeur l’image d’un roi de cartes bicéphale.Léon Leiris conduirait au Noël Siriel de Thilliez, mais j'ai du mal à imaginer que ce jeune auteur se soit inspiré d'un roman aussi impénétrable. Siriel est aussi une orthographe de prénom, et je l'ai vue notamment dans une page titrée De l'autre côté du miroir, sans lien avec Leiris. Je note l'association dans un même paragraphe des mots "coeur", "lion", et "roi", qui me sont essentiels et que j'ai été amené à réunir dans ce billet de Quaternité. Le vertige peut venir avec la suite. Il se trouve que Jacques Vallée a écrit des romans de SF sous le pseudo Jérôme Sériel. Je n'en avais jamais lu, jusqu'au 5 avril 2015 où il y avait une minuscule brocante au bord du lac d'Esparron. L'un des rares vendeurs avait 3 Masque-Science-Fiction, les numéros 15-21-34, que j'ai achetés, déplorant que ce n'eût pas été 13-21-34.
Bien entendu, le chapitre 44 daté du 4/4 m'évoque le 4/4/44 jungien, mardi de la Semaine sainte, et je me demande à nouveau si Thilliez ne se serait pas aventuré sur Quaternité, s'y inspirant de mes obsessions pour le 4/4/44, les dates pascales, Fibonacci... Sinon, c'est bien entendu encore plus ahurissant. Il y a de même dans L'anneau de Moebius des diagrammes en tête de chapitre montrant leur positionnement dans la double chronologie du roman. A propos de "quatre", j'ai mentionné à diverses reprises sa traduction en hébreu, arba', en 4 lettres de valeur 273, soit 13x21. Damoclès Siriel se livre dans Aurora à des considérations numérologiques sur le nombre 273, valeur négative en degrés Celsius du zéro absolu. Né le 20 avril 1901, Leiris qui décrivait ce 273 comme un absolu impossible à connaître de son vivant, est mort le 30 septembre 1990, 273e jour de l'année
Raymond Roussel fréquentait la famille de Michel Leiris, et celui-ci a laissé une biographie inachevée de "l'homme aux quatre cerveaux". J'évoquais plus haut le tableau n° 93, acheté 7500 $ par Stephen Siriel, après des enchères épiques avec la star Anastasia Swanson, également présente dans le chapitre 93 de VME, impli-citation de La disparition, troisième contrainte littéraire du chapitre. Anastasia est dans le roman lipogrammatique la compagne d'Albin, le brigand "blanc" demeurant au "bordj du pillard" (autre forme du "bord du billard" en écho au procédé rousselien). La citation de Leiris dans ce chapitre est issue de Biffures, rimant avec Stéfur, le nom que Stéphane Kismet donne à ses doubles du futur, tandis que ceux du passé sont Stépas. Le prénom Stéphane est vraisemblablement emprunté à Stephen King plutôt qu'à Stephen Siriel. Le chapitre 93 décrit une pièce vide, et est essentiellement consacré à 21 gravures disposées en 3 rangées de 7. C'est celle du brigand albanais aux pieds de la star d'Hollywood qui en occupe le centre. Je note encore qu'un critique d'art du Cabinet d'amateur se nomme Lester Nowak, auteur notamment de la formule "Toute oeuvre est le miroir d'une autre". L'un des personnages principaux du second roman publié de Thilliez, La chambre des morts, se nomme Vigo Nowak. Je reviens au 11 juin 2015, au soir duquel Abigaël lit La quatrième porte de Josh Heyman, et y découvre de surprenantes corrélations avec l'affaire sur laquelle elle enquête, tandis que dans la "vie réelle" je découvrais au même moment dans Deuils de miel des jeux évoquant le procédé rousselien. Le titre La quatrième porte n'est pas explicité, or c'est le titre du premier roman publié de Paul Halter, cité à de multiples reprises sur Quaternité
, essentiellement pour Le chemin de la lumière qui a joué un rôle essentiel dans ma découverte du motif 4-1 dans la vie de Jung autour du 4/4/44. Je rappelle qu'il s'agit d'un roman en 55 chapitres, et que l'objet qui lui donne son titre est un disque de terre cuite sur le pourtour duquel 34 cupules sont creusées, inspiré par le réel kernos de Malia. Il est divisé en deux parties de 13 et 42 chapitres, et j'ai vu une subdivision de la seconde partie en 21-21 chapitres. Je rappelle encore que ma découverte jungienne est liée aux échos entre Le chemin de la lumière et le roman jungien de Sinoué Des jours et des nuits lu le 31 août 2008. J'avais entamé une lecture de ses oeuvres après la découverte de son polar métaphysique Les silences de Dieu où intervient le nombre d'or, et ma lecture suivante a été Le Livre de saphir, que je possédais depuis longtemps mais n'avais pas lu. Je n'avais alors pas pris garde à ses 34 chapitres offrant une possibilité de partage 21-13, que je n'ai vue que début juin 2015, juste avant de découvrir un autre 21-13 dans Deuils de miel, que je possédais également depuis plusieurs années mais n'avais pas lu.
La quatrième porte de Josh Heyman est aussi le second roman de l'auteur, lequel avait publié trois ans plus tôt Les pierres noires, dont rien n'est dit de l'intrigue. Le perecquien pense à "53 jours", où la comtesse Pietranera de La chartreuse de Parme est utilisée pour créer les personnages Pierrette Lenoir et Blackstone. La comtesse se remarie chez Stendhal avec Mosca, "mouche", qui devient chez Perec l'ancien catcheur Fly... Tiens, au chapitre 50 de Rêver, qui se passe le 5 avril, dimanche de Pâques, il est question de la mimique de Jeff Goldblum dans La Mouche. Abigaël trouve donc dans La quatrième porte de Heyman de multiples indices d'une connaissance intime de l'affaire sur laquelle elle enquête. La quatrième porte de Halter se présente comme un récit à la première personne d'un ami de Henry White, dans l'entourage duquel sont commis des assassinats très mystérieux. Ce récit occupe plus des trois quarts du roman, et on apprend ensuite qu'il s'agit d'un manuscrit soumis au criminologue Twist, défi lancé par un écrivain de polars qui y a accumulé à plaisir les incohérences, mais Twist leur trouve aisément une solution rationnelle. Il assure qu'il n'y a eu aucun mérite, car il a reconnu dans le récit l'affaire White, sur laquelle la police s'était cassée les dents 30 ans plus tôt, mais le nouvel éclairage lui a permis de l'élucider. De fait le manuscrit était l'oeuvre de Henry White, devenu amnésique, mais que son subconscient avait conduit à restituer toute l'affaire.
Pour la petite histoire, Henry White se prenait pour la réincarnation de Harry Houdini, né Ehrich Weiss, dont la mention dans La quatrième porte m'avait permis de trouver l'origine de ce nom dans le chapitre 87 de VME, toujours à l'époque où Google n'existait pas. Donc, les deux Quatrième porte sont des romans dans le roman permettant aux enquêteurs de résoudre une affaire. Ce sont loin d'être des cas uniques dans la littérature policière, mais il est beaucoup plus rare que ce soit masqué, avec à un stade avancé de la lecture un retournement annonçant au lecteur que tout ce qu'il vient de lire est un "livre", un manuscrit qu'il va maintenant s'agir de décoder.
L'exemple immédiat est "53 jours", qui débute par une première partie, 53 jours, récit à la première personne d'un enquêteur chargé d'élucider la disparition de l'écrivain Robert Serval, faisant intervenir le manuscrit en cours de Serval. Perec n'a rédigé que 11 chapitres de cette première partie, et les notes qu'il a laissées montrent que la seconde partie s'ouvrait en dévoilant que 53 jours était un manuscrit trouvé à côté du cadavre de l'industriel Serval. Il semble qu'un retournement final était prévu, amenant à l'idée que tout ce qui précédait était un texte commandé à l'écrivain Georges Perec, mais le dénouement réel restera inconnu. Ce texte inachevé n'a été publié qu'en 1989, et Paul Halter n'a pu s'en inspirer pour sa Quatrième porte. Pierre Lemaitre, s'avouant fan de Perec, a repris l'idée du roman débutant de façon masquée par un manuscrit, de façon novatrice, dans Travail soigné, prix Cognac 2006, 19 ans après La quatrième porte. Je n'aurais sans doute pas parlé de la "pierre noire" dans "53 jours" sans les ricochets avec les Quatrième porte de Paul Halter et Josh Heyman. A nouveau je me refuse à toute tentative d'interprétation, ayant rencontré tant de coïncidences abasourdissantes par ailleurs, et je me borne à énumérer les faits avec l'espoir, réel ou chimérique, de susciter quelques échos. Retrouvant le planning de nos activités en juin 2015, j'y constate que ce n'est pas le 11 juin que j'ai acquis un nouvel exemplaire de Deuils de miel, comme je l'écrivais sur le billet précité, mais le 10, lors d'un déplacement à Aix où j'ai aussi trouvé Aurora de Leiris. Une panne d'ordi m'a hélas fait perdre mes premières réactions à la lecture de ces livres, partagées avec mes correspondants réguliers. J'imagine que j'étais d'abord plus pressé de lire Aurora, et qu'il est probable que j'étais le lendemain soir en train de découvrir Deuils de miel, au moment où Abigaïl découvrait La quatrième porte de Josh Heyman. De toute manière c'est la date du 11 juin qui était donnée sur Quaternité, la seule accessible pour quelqu'un qui s'y serait aventuré. 4 commentaires:
Unknown a dit…Bonjour, je suis Fabien HÉRAULT, l'anonyme qui a donné son nom au docteur Fabien HÉRAULT du roman de Franck Thilliez 'Rêver'. L'auteur avait lancé un concours à sa communauté de fans. La récompense était de voir apparaître son nom dans le roman en 2015, chose qui est arrivée avec mon propre nom, j'étais le 11ème anonyme sélectionné.Votre analyse était intéressante mais malheureusement fausse sur ce point.
blogruz a dit…Merci. Sait-on quels étaient les autres fans sélectionnés ?
Unknown a dit…Oui, voici le lien vers la publication de Franck Thilliez :https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10154489336683747&id=420253263746
blogruz a dit…Merci. De fait, ça ne me dérange pas du tout puisque mon but essentiel est de montrer des coïncidences dans la fiction, et il me ravit de voir apparaître par hasard un "34" dans ce roman où il manque un chapitre, alors qu'il manquait par erreur un chapitre parmi les 34 dans la 1e édition de Deuils de miel.
Article plus récent Article plus ancien Accueil Inscription à : Publier les commentaires (Atom) Quaternité c'est fini, mais tout continue sur Vivre Mon feuilleton en lignemaintenant achevéNOVEL ROMAN Ce blog a débuté par la découverte que la vie de Jung correspondait idéalement au concept central de son oeuvre, la quaternité : le 4/4/44 sa vie a été en quelque sorte échangée contre celle du médecin qui l'avait sauvé d'un infarctus, et cette date correspond exactement, au jour sinon à l'heure près, aux quatre cinquièmes de sa vie. Je comptais poursuivre par des reprises de mes études antérieures sur la quaternité, et puis je me suis trouvé entraîné dans un tel tourbillon de coïncidences, plus ou moins liées à ma découverte initiale, que mon cheminement est improvisé billet après billet, et que j'ignore où il va conduire. L'image derrière le titre du blog est une figure de Chladni, obtenue par excitation piezoélectrique d'une poudre déposée sur une plaque.Beaucoup d'images de ce blog seront des patchworks de mon amie Anne, ou ses peintures.Archives du blog
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