Manuel De Parler Libanais - PDF Free Download
Maybe your like
Transcription
1
2
3 Manuel de parler libanais
4 L'HARMATTAN, , rue de l'école-polytechnique ; Paris [email protected] [email protected] ISBN : EAN :
5 Antoine Fleyfel Manuel de parler libanais L HARMATTAN
6
7 À celle qui a nourri mon cœur d un amour indéfectible, À ma mère, Marcelle
8
9 Préambule Ce travail est le fruit de plusieurs années d enseignement du dialecte libanais au Foyer francolibanais à Paris. Le dialecte libanais un accent du dialecte arabe moderne au Moyen-Orient dépend essentiellement de la langue arabe, mais garde certaines traces de la langue syriaque, notamment aux endroits de la prononciation et du vocabulaire. Selon les régions du Liban, il est fréquent que des emprunts soient faits aux langues française et anglaise. Cette méthode évite ce mélange de langues, et opte pour un vocabulaire libanais qui s appuie essentiellement sur la langue arabe. Ce manuel s adresse à des F rançais(es) et à des francophones désirant étudier le dialecte libanais, dans le but de le parler et sans passer par l apprentissage de la langue arabe et de son alphabet. C est pour cette raison que je tente d adapter, dans la mesure du possible, la grammaire libanaise à des schémas grammaticaux français et que j utilise l alphabet latin pour aller plus vite. Il existe au Liban plusieurs accents. Étant obligé de faire un choix, c est pour l accent de la région où j ai presque toujours vécu au Liban que j opte, celui de la région d Achrafieh (Beyrouth). J espère que ce livre fournira à celles et à ceux qui le travaillent des éléments de base pour leur apprentissage du parler libanais. Je n oublie pas les centaines d élèves que j ai rencontrés durant ces huit dernières années. C est surtout 9
10 grâce à nos échanges que ce travail a vu le jour. Je tiens à leur dire que je chéris les moments agréables que nous avons passés ensemble durant les cours. Et enfin, je remercie le Foyer franco-libanais, notamment le curé de la Paroisse Notre Dame du Liban à Paris, Mgr Saïd Saïd, de m avoir proposé d enseigner le dialecte libanais il y a quelques années et d avoir encouragé le projet de ce manuel. Kéll lsén bé énsén! (Chaque langue, un être humain ; dicton libanais). Antoine Fleyfel [email protected]
11 Avertissement Le but de ce manuel est l apprentissage du dialecte libanais. Ainsi, pour une compréhension plus claire de la structure des phrases et du vocabulaire, la traduction française des textes libanais essaie de traduire, dans la mesure du possible, dans une logique de «mot à mot» et non selon le sens général de la phrase. Si une telle méthode permet de comprendre davantage la structure du parler libanais, elle a l inconvénient de sacrifier l élégance de la langue française. Que soient excusées les tournures de phrases peu esthétiques, l utilisation des temps peu orthodoxe ainsi que les expressions bizarres ; c est uniquement dans le but de rendre fidèlement compte du sens des mots et des tournures libanaises qu il est opéré de la sorte. 11
12
13 Première leçon : Introduction 1. L alphabet Le libanais est un dialecte arabe qui n est en général pas écrit. Nous allons toutefois utiliser l alphabet latin afin de pouvoir prononcer le libanais. Nous écrirons comme nous prononçons. - Nomenclature : le trait sous une voyelle «é» signifie sa prolongation (ce qui doublera le temps de sa prononciation). Le trait sous une consonne «t»signifie l alourdissement de sa prononciation (elle sera dite emphatique). L accent circonflexe sur une voyelle «â»rend sa prononciation plus grave (voyelle emphatique) ; cela se produit généralement lorsqu une voyelle est suivie ou précédée d une consonne emphatique. Un «a»emphatique = «â» ; un «é»emphatique = «ô». Exemples : «té» et «t ô», «da» et «d â». - Prononciation : si dans la description ci-dessous, il n ya pas d explication à côté d une lettre, cela veut dire qu elle se prononce comme en français. A ; B ; T ; J ; H spirante laryngale sourde (comme dans le terme hayét : vie). Certains rendent compte de cette lettre par un «7» ; Kh comme le «J» de José en espagnol Certains rendent compte de cette lettre par un «5»; D ; Z ; R il faut les rouler en libanais sinon ils ressembleraient à un «gh»; S comme dans «sel», sinon, nous utilisons un «z»; Ch ; S lettre alourdie (s emphatique) ; D lettre alourdie (d emphatique) ; T lettre alourdie (t emphatique) ; 3 nous utilisons un «3» parce qu il ressemble à cette lettre en arabe. Spirante pharyngale sonore. Cette lettre se prononce comme si nous prononcions deux «a»de suite ; Gh se prononce comme les «r»en français ; F ; K ; L ; 13
14 M ; N ; H comme dans le «h»de«hello»en anglais (toujours aspiré) ; W ; Y comme dans yoyo ; É ; I ; O ; 2 qui ressemble à la «hamza» arabe : c est une attaque vocalique (occlusive laryngale). Cette description de la prononciation libanaise reste insuffisante. Il faut absolument se référer à un professeur ou à n importe quelle personne libanaise. - Attention : il est impératif de bien prononcer, surtout lorsqu une voyelle doit être allongée ou une consonne alourdie. Sinon, vous risquez parfois de dire le mauvais terme ou de prononcer des grossièretés. Exemples : 3alam (drapeau) et 3alam (monde, gens). Sé f (épée) et Sé f (été). Ké s (verre d alcool) et Kés (vagin). 2. La déclinaison possessive par annexion du pronom personnel La déclinaison possessive par annexion du pronom personnel, ainsi que la conjugaison sont les deux clefs du dialecte libanais. Aucune compréhension des phrases n est possible sans une bonne assimilation de ces deux instances. Voici un exemple type de la déclinaison possessive que nous effectuons à partir du mot masculin «bayt» : -Bayté : maison de moi (ma maison) -Baytak : maison de toi (ta maison) ; masculin -Baytik : maison de toi (ta maison) ; féminin -Bayto : maison de lui (sa maison) -Bayta : maison de elle (sa maison) -Baytna : maison de nous (notre maison) -Baytkoun : maison de vous (votre maison) -Baytoun : maison de eux / elles (leur maison) 14
15 Les terminaisons qui s ajoutent aux noms sont en gras. D une manière générale, c est de la sorte que nous déclinons les noms, en annexant au terme le «é»(moi), «ak»(toi ; masc.), «ik»(toi ; fém.), «o»(lui), «a» (elle), «na»(nous), «koun» (vous), «oun» (elles/eux). Lorsque le mot est féminin, la déclinaison s effectue d une manière différente. En langue arabe, le «t» court à la fin des noms singuliers est le signe du féminin. En libanais, ce «t» arabe est transformé en «é»et parfois en «a». Cependant, lorsque nous déclinons les noms, ce «é» retrouve sa forme arabe (pour pouvoir faire la liaison phonétique) et se prononce désormais comme un «t». Exemple du terme «jénsiyyé» : Jénsiyyté : ma nationalité Jénsiyyétna : notre Jénsiyytak : ta nationalité ; masculin nationalité Jénsiyyétkoun : votre Jénsiyytik : ta nationalité ; nationalité féminin Jénsiyytoun : leur nationalité Jénsiyyto : sa nationalité ; masculin Jénsiyyta : sa nationalité ; féminin Nous constatons qu à certaines personnes, la dernière voyelle du terme à sa forme initiale disparaît. La raison est qu à chaque fois que s ajoute une voyelle après la dernière consonne initiale du terme, celle qui était la dernière voyelle du terme (donc précédant en général la dernière consonne), disparaît. Les voyelles qui échappent à cette règle sont les voyelles allongées, qui sont en langue arabe de grandes voyelles. Ce deuxième tableau explique d une manière détaillée le phénomène : 15
16 Jénsiyyé t é : ma nationalité Jénsiyyé t ak : ta nationalité ; masculin Jénsiyyé t ik : ta nationalité ; féminin Jénsiyyé t o : sa nationalité ; masculin Jénsiyyé t a : sa nationalité ; féminin Jénsiyyétna : nationalité Jénsiyyétkoun : nationalité Jénsiyyétoun : nationalité notre votre leur Nous remarquons que la règle ne s applique pas aux première et deuxième personne du pluriel. Cela a pour cause les deux consonnes qui existent entre la dernière voyelle et l ancienne dernière voyelle. L existence des deux consonnes constitue un genre de zone tampon qui empêche l ancienne dernière voyelle de disparaître. 3. Vocabulaire : noms de certains membres de la famille Émm : mère Bayy : père Sétt : grandmère Jédd : grandpère Ébén : fils Bénét : fille Joz : mari Mart : épouse Khayy : frère Ékhét : sœur Khal : oncle maternel Khalé : tante maternelle 3amm : oncle paternel 3ammé : tante paternelle H ama : belle-mère Kénné : belle-fille 3adil : l époux de la sœur de ma femme S ôhor : beau-frère H afid : neveu H afidé : nièce 4. Exemples divers de déclinaisons Émmé : ma mère ; bayyak : ton père ; sétto : sa grandmère ; jéddna : notre grand-père ; ébné : mon fils (la même règle de la disparition du «é» lors de la déclinaison du féminin s applique : en ajoutant une voyelle à la fin du mot, l ancienne dernière voyelle disparaît. Ce phénomène est très fréquent dans le dialecte libanais) ; bénté : ma 16
17 fille ; jawza : son mari ; marto : sa femme ; kha lkoun : votre oncle maternel ; khaltoun : leur tante maternelle ; 3ammna : notre oncle paternel ; 3ammté : ma tante paternelle ; khayyoun : leur frère ; ékhétna : n otre sœur. - Remarque :le terme «cousin» n existe pas en libanais. Ainsi, pour désigner un cousin, il faut indiquer le lien de parenté de manière détaillée. Par exemple : ébén khalté (le fils de ma tante maternelle) ou bénét 3ammé (la fille de mon oncle paternel). Il en est de même pour les petits enfants ( ébén bénté :le fils de ma fille). Le terme h afi d est très peu utilisé. On dit plutôt : bénét khayyé ou ébén ékhté. 5. Règle des trois consonnes Lorsque trois consonnes se suivent, la prononciation devient souvent ardue. Pour la faciliter, il suffit d ajouter un «é» entre la première et la deuxième consonne. Exemple : tâwlé (table), ma table = tâwélté (au lieu de tâwlté ). 6. Appellations familiales diverses Mâmâ / moumma /mâmi : maman Jéddo : papi Khalo : oncle B âbâ / pouppa / pâpi : Khalto : tante papa 3ammo : oncle Téta : mamie 3ammto : tante - NB : au Liban, nous appelons traditionnellement les hommes plus âgés que nous «3ammo»et les femmes plus âgées que nous «tante». La différence d âge qui nécessite une telle appellation est bien variable (un peu audelà de 20 ans en général). 17
18 7. Lecture - Baytna h élo : notre maison est belle. - Baytkoun kti r h élo : votre maison est très belle. - Ché22tak hélwé : ton appartement est beau (ché22a : appartement). - Binéytoun kbiré : leur immeuble est grand ( binéyé : immeuble). - Oudté zghi ré : ma chambre est petite ( oudâ : chambre). - 2albo kbir : s on cœur est grand ( 2aléb : cœur) ; il accepte beaucoup de choses difficilement supportables. - 3a2lo zghir : sa raison est petite (3a2él : raison); il est bête. - Siyyarto sari3a : sa voiture est rapide ( siyyara : voiture). - Fôstana jdi d : sa robe est neuve ( fôsta n : robe). - Kérsétkoun honi ké : votre chaise est là-bas ( kérsé : chaise ; hon/honé : ici, honik/honiké :là-bas). - Bayyé t âwi l : mon père est long (grand de taille). - Ja rté 2âsiré : ma voisine est courte (petite de taille). - Tyéboun jdé d : leurs habits sont neufs ( tyéb : habits). - Khzénto 2adimé : son armoire est ancienne (khzéné : armoire). 8. Exercices - Décliner le vocabulaire figurant au point 3. - Essayer de retenir tout le vocabulaire de la leçon. - Après la lecture du point 7, varier la déclinaison des phrases tout en faisant l effort de ne pas confondre les genres avec le français. 9. À retenir - Ki fak/kifik? (comment vas-tu?;kif : comment). - Ki f s ôhhtak/ kif l s ôhha? (comment va ta/la santé?). - Ana mnih w énta? (je vais bien et toi? ; mnih/mnih a/mnéh, masc./fém./pl.). - Mârhaba : salut (se dit à tout moment).
19 Deuxième leçon : Notions générales 1. Le masculin et le féminin Les mots féminins se terminent en général en langue arabe par le «t»du féminin qui est parfois aspiré comme un «h». Ce «t»est prononcé en libanais «é»etparfois «a». Ainsi, lorsqu un terme libanais se termine par une voyelle, en l occurrence par un «é», il est en général féminin. Le plus simple serait donc de considérer tous les noms communs singuliers se terminant par une consonne comme masculins et ceux se terminant par une voyelle comme féminins (la marge d erreur est négligeable). - Quelques exceptions : certains membres doubles du corps se terminent par une consonne mais sont au féminin, comme 3én ( œil), i d (main) et éjér (pied). Chaméss (soleil) et hayét (vie) sont féminins. Ghada (déjeuner) et 3acha (dîner) sont masculins alors que térwi 2a (petitdéjeuner) est féminin. Pour ghada et 3acha, la terminaison n est pas en arabe un «t» du féminin, mais une voyelle longue, alors que le «a» de térwi 2a est un «t» du féminin. - Exemples de mots masculins : Bét (maison), sâhén (assiette), sékkin (couteau), chébbék (fenêtre), béb (porte), ktéb (livre), 2alam (crayon), sâtéh (toit), daraj (escalier), mât bakh (cuisine), dar (salon), maktab (bureau), balad (pays), mantâ2a (région). - Exemples de mots féminins : Tâ wlé (table), kébbéyé (verre), 2anniné (bouteille), chawké (fourchette), malé32a (cuillère), lâmba (lampe), binéyé (immeuble), déffé yé (chauffage), maktabé (bibliothèque/librairie), jém3a (université), chajra (arbre), 3élbé (boîte), bawsé (baiser/bisou), majallé (revue), jari dé (journal), chérké (entreprise). 19
20 Si le même terme existe aux deux genres, le passage se fait en général par l ajout de la voyelle du féminin, le «é» et parfois le «a». Exemples : Masculin Féminin Masculin Féminin Âne H mâr H mâra Ours Débb Débbé Bien Mnih Mniha Petit Zghir Zghiré Mauvais 3âtil 3âtlé Chien Kaléb Kalbé - Passage au féminin des mots se terminant par des voyelles longues D une manière générale, les voyelles rencontrées à la fin des noms communs sont les «t»du féminin. Toutefois, si un mot se termine par un «é» au masculin, comme «lébné né» (Libanais), cela veut dire que ce «é» n est pas le «t» du féminin, mais une grande voyelle. Le passage au féminin se fait dans ce cas, en général, de la sorte : lébné né / lébnéniyyé, c'est-à-dire en remplaçant le «é» par un «iyyé». Autres exemples : frénséwé (Français) / frénséwiyyé (Française) ; zaké (intelligent) / zakiyyé (intelligente) ; 2awé (fort) / 2awiyyé (forte). NB: le pluriel de ces mots est souvent identique au féminin. Exemple : Ahlé lébnéniyyé (mes parents sont libanais ; ahél : parents). - Le féminin possessif Dès qu un terme féminin singulier est en état de possession, le «t» arabe du féminin réapparaît sous forme de «it», ce qui n est pas le cas du masculin. Kérsé est féminin. Pour dire «la chaise de Tony», nous prononçons : «kérsit Tô ny». Alors qu avec un terme masculin comme 2alam (crayon), nous dirons :«2alam Tôny». Autres exemples : séha (place) = séhit l chéhada (place des martyrs) ; njâsâ (poire) = njâsit Karim (la poire de Karim). 20
Tag » Apprendre Libanais Pdf
-
[PDF] Arabe Libanais
-
Site Pour Apprendre Le Libanais – Nassim Jammal
-
Manuel De Parler Libanais - PDF Téléchargement Gratuit
-
Apprenez Le Libanais Avec La Méthode D'apprentissage à Long Terme ...
-
MANUEL DE PARLER LIBANAIS - Deuxième édition, Antoine Fleyfel
-
[PDF] PARLONS ARABE LIBANAIS
-
Keefak, L'appli Pour Apprendre à Parler Le Libanais
-
Apprendre Le Libanais - Cours De Libanais
-
(PDF) Apprendre Le Français Avant L'anglais Au Liban : Un Ordre En ...
-
Comment Bien Se Présenter En Libanais ? - Arabe Levantin
-
Apprendre Le Libanais Leçon 1: Les Pronoms - YouTube
-
Abjadiye - Apprendre Le Libanais
-
Liban - Programme APPRENDRE